Interview : SATYRICON « Notre unique intention avec cet album était d’être un groupe furieux jouant des titres qui déchirent tout ! »

Après son Live At The Opera, SATYRICON continue sa mue. Guidé par le duo Satyr et Frost, le duo norvégien a marqué le paysage glacé du black metal par ses expérimentations et son bouillonnement créatif au cours des décennies passées. Suite à l’annonce de la tumeur au cerveau du chanteur charismatique, Deep Calleth Upon Deep est forcément particulier. Nous avons discuté avec le batteur Frost des changements survenus dans leur musique avec ce neuvième album.

SATYRICON INTERVIEW

-1° – 4 ans après avoir collaboré avec les chœurs de l’opéra national norvégien – vous utilisez des choeurs et des saxophones sur ce nouvel album, me semble-t-il ? Quel est d’ailleurs cette instrument à vent très grave que vous utilisez ? L’approche semble aller autant cette fois vers la musique classique que le free jazz, qu’est-ce qu’il te plaît dans cette démarche et t’influence ?

Toutes les chansons de Deep calleth upon Deep ont été composés et arrangés comme des titres d’un groupe de rock traditionnel, simplement avec des guitares, une basse, une batterie et du chant. Nous ne sommes pas penchés sur la musique classique ou quoique ce soit d’autres en particulier – notre unique intention avec cet album était d’être un groupe de furieux jouant des titres qui déchirent tout. Alors, alors la fin de la période d’enregistrement de l’album, nous avons réalisé qu’il y avait plein de places pour diverses types de textures musicales qui pourraient contribuer à donner encore plus de profondeur et de caractère aux chansons. On a donc ajouté un chanteur ténor sur certaines chansons, des instruments à bois, du synthétiseur analogiques par ici et du saxophone par là …le tout effectué d’une manière discrète et subtile, mais nous trouvons que ces textures ont un impact bénéfique dans l’atmosphère générale et la vibe de l’album.

2° – L’œuvre de Edvard Munch’s « Dødskyss » de 1899, appelée ‘The Kiss of death’- vous sert de pochette d’album . C’était un choix peut-être osé- comment a réagi la partie de vos fans black metal la plus extrême ?

L’immense majorité des réactions, que nous avons eu, a été positive, et cela doit être précisé. Et nous sommes totalement ok pour que des gens n’aiment pas cette pochette. Pour notre part, nous la trouvons totalement parfaite.

3° – J’ai vu un interview où tu disais que l’album précédant ‘Satyricon’ avait été nommé ainsi car il représentait toutes les multiples facettes de l’histoire du groupe, quelle évolution marque alors cet album nommé ‘Deep Calleth Upon Deep’ ?

Je me sens comme si nous avions emmené tout le groupe à travers un portail de transformation. Ce que nous avions et ce que nous étions est toujours là, mais nous avons donné une différent type de vie et d’énergie à tout ça, et nous avons aussi ajouté des qualités à notre musique que nous n’avions pas encore.

4° – Satyr a déclaré que cela pourrait être le dernier album de Satyricon ou le début du nouvel ère- quelle est ton point de vue à ce sujet ?

Je pense qu’il y en aura encore d’autres à venir, mais étant dans le milieu depuis 25 ans et après tout ce que j’ai traversé à travers toutes ces années, nous arrivons à un moment où on peut envisager une fin. Ce qui nous donne encore plus de raisons d’être dévoués et de donner tout ce que nous avons dans nos cœurs et nos âmes dans ce que nous faisons.

5° – La fin de l’album me plaît particulièrement – avec cette véritable ambiance qui ne cesse de monter en intensité et finit par deux titres vraiment plus orientés ‘black metal’ – aviez-vous envie de revenir vers quelques choses issus de vos premiers albums ?

Nous n’avons certainement pas fait ça, et pour moi, l’album entier sonne plus sombre et menaçant, magique et sinistre que tout ce que nous n’avons jamais fait auparavant.

6° – Vous faites parties de ces groupes qui ont su faire évoluer leur son et leur musique vers quelque chose de différent par rapport à leur début. En passant du black metal extreme vers une musique à la fois rock, progressive et une grande diversité d’ambiance- en tant qu’individu au sein du groupe, comment as-tu vécu ces changements musicaux  ?

– J’ai perçu ce développement de différentes manières ; pour moi tout est venu de nos débuts où notre volonté et notre esprit étaient tout ce que nous avions, et puis nous avons grandi significativement avec notre propre projet et nous sommes devenu bien meilleur dans ce que nous faisons. Une bonne partie de notre évolution est venue de l’idée d’étendre notre horizon musical et de développer une plus riche palette musicale. De mon point de vue, ce n’est pas moins du black metal ce que nous faisons à présent que cela l’était au commencement, – plutôt même le contraire – mais à présent nous n’avons plus autant de limitations dans la manière de nous exprimer, et c’est pour moi un développement heureux et une des raisons pourquoi nous sommes toujours une force dominante de la scène.

7° -D’ailleurs ‘Now, Diabolical’ reste une étape essentielle dans votre discographie, votre équivalant du black album de Metallica’ et celui que vous jouez le plus sur scène- peux-tu revenir sur comment c’est fait cette transition pour toi à l’époque et comment le vis-tu depuis ?

Deep calleth upon Deep est de loin le meilleur et l’album le plus important que nous avons enregistré jusqu’à présent, et aujourd’hui l’album que nous mettons le plus en avant dans les concerts que nous jouons. Now, Diabolical est peut-être l’album le plus solidement structuré que nous avons jamais fait. Je me rappelle parfaitement le défi que ce fut de composer chaque parties de ces chansons et de faire qu’elles puissent s’écouter harmonieusement et comment nous avons dû penser très différemment la densité de l’information pour l’auditeur et la température de chacune d’entre elles. Ces concepts m’étaient quelque peu étrangers avant cet album, mais nous avons réalisé cela en faisant le master et en utilisant plus de structures traditionnelles, et Now, Diabolical fut le disque où nous avons apporté tout ça à notre musique.


8° Tu as un jeu de batterie avec un son très cru depuis quelques années, comment a évolué ton jeu au cours des années avec Satyricon ?

– J’ai juste changé légèrement notre organisation, en fait, le principe a été d’essayer d’en faire un peu plus. C’est vrai que nous sommes dans une période, musicalement parlant, où je suis ouvert à un son plus puissant, organique et vintage.

// Satyricon au Rockstore ! //
Le groupe de Black-Metal norvégien Satyricon sera en concert à Montpellier le VENDREDI 06 OCTOBRE !!

Event : Satyricon – Le Rockstore

Commenter cet article

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.