Chronique : SEPTICFLESH – Codex Omega ( Season Of Mist ) note : 7/10

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Depuis leurs débuts en 1990 jusqu’à leur hiatus en 2003 puis leur réincarnation avec « Communion » en 2008, SEPTICFLESH n’a cessé d’impressionner et de donner du grain à moudre à toute la sphère métallique. « Mémorables et incontournables », tels sont les termes entendus et qui viennent à l’esprit lorsqu’on écoute « The Great Mass » (2011) ou « Titan » (2014). Peintures quasi-parfaites, ou tout du moins perfectionnistes, des compositions faites de death metal sombre et apocalyptique colorées à l’orchestre symphonique. Ce qui est en plus remarquable avec SEPTICFLESH, c’est la variété qu’ils ont réussi à maintenir à chaque album, tant au niveau technique qu’au niveau de la qualité sonore, chaque production se voulant comme un défi à relever. Avec « Titan », le groupe avait donc atteint son paroxysme artistique, une fusion équilibrée de mélodies et d’éléments « noirs », mais aussi un contenu lyrique splendide. Un bilan impeccable donc, mais « ce colosse » était aussi le premier album où l’on sentait que SEPTICFLESH se répétait et que sa formule commençait à se fatiguer, on arrivait presque à la solution de l’équation. La question est donc là,  en suspens : Le groupe va-t-il réussir à se surpasser ? Elle est l’enjeu de ce « Codex Omega »

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L’album s’ouvre donc sur les petites notes acoustiques de « Dante’s Inferno » mais dégénère très rapidement en un « péplum métal hollywoodien » du plus bel effet, ouvrant les portes de l’Enfer grec par une attaque de riffs death lourds destinés à soumettre immédiatement l’auditeur. On retrouve alors tout ce qui fait la formule SEPTICFLESH, ce qui fait le succès des Grecs, ce qui attire son public, tous ces ingrédients savemment orchestrés qui n’ont plus de secret pour les fans :  Les montées en puissances, la narration progressive, poignante, déchirante et cathartique, cet art de manier la tragédie, la dualité gutturales/voix claires-choeur et un orchestre grandiose, plus intense que jamais. Mais aussi et toujours : les guitares écrasantes soutenues par une batterie lourde contribuant encore un peu plus à mettre en avant cette atmosphère infernale et « apocalyptique ». La tonalité de l’album est d’ailleurs parfaitement équilibrée et cohérente, l’orchestre ( Orchestre Philharmonique de Prague ) soutient superbement cet Enfer métallique et agressif grâce à des intonations mélo-tragiques tout en justesse.

On se rend alors bien compte que SEPTICFLESH tiennent toujours le haut du pavé dans leur style et qu’ils sont les meilleurs lorsqu’il s’agit d’intégrer des éléments symphoniques à leur musique, plus que quiconque. Des plus massifs et redoutables « 3rd Testament » ou  « Portrait Of A Headless Man » ( clairement le meilleur titre, le tube de l’album ) aux mélodies de pleines de grâce de « Martyr » ou « Dark Art » et des rythmes tribaux de « Enemy » jusqu’à l’apothéose de « Faceless Queen », SEPTICFLESH utilisent les orchestrations seulement pour éclairer et distinguer leur son, sans jamais l’accabler. Le groupe a donc, une fois de plus, essayé de se surpasser avec cet album, la structure et l’écriture des titres sont toujours aussi géniales, puissantes et redoutables, le moulage entre la symphonie et de la brutalité frôle la perfection.

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Mais voilà, ce qui me gêne ici c’est ce sentiment de déjà vu, cette impression de série, ce même univers calculé et trop parfait, cette unilatéralité dans les thèmes et dans la musique, comme un re-make perpétuel du même film catastrophe. On en prend plein la gueule dès les premières secondes, les effets spéciaux vous mettent sur le cul mais l’histoire reste la même. Alors que la lumière se rallume, même si je suis encore hagard d’en avoir pris plein les mirettes, j’en ressors forcément un brin déçu et attristé, avec cette impression tenace que le groupe s’est calé en pilote automatique, se reposant un peu sur ses lauriers.

En d’autres termes, je pourrais dire que SEPTICFLESH fait du SEPTICFLESH, rien de plus. Je ne reproche pas à SLAYER de faire du SLAYER ni à OBITUARY de faire du OBITUARY mais le problème avec les Grecs, c’est qu’ils m’ont clairement habitué à « mieux », à ne pas céder à la facilité. En effet, avec ce groupe en évolution permanente, qui utilise toutes les techniques possibles et grands renforts d’orchestre symphonique, je m’attends à prendre une gifle supersonique à chaque nouvel opus et là, à mon grand regret, je me retrouve avec une copie, une photocopie, certes en très haute qualité de « Titan » ou de « The Great Mass ». Le travail y est indéniable et colossal, ce n’est d’ailleurs pas ce que je critique ici, mais la formule s’est usée et est sans surprises. « Codex Omega » n’est donc pas forcément l’album de trop, il est même très bon et promet des concerts dantesques, mais il doit marquer la fin d’un cycle, le renouveau, au risque de d’essouffler son auditoire. Après avoir passé trois décennies à me surprendre et à me transporter, j’espère vraiment que ce groupe, au potentiel hors-norme, cassera les codes qu’il a lui-même crée et réinventera sa palette sonore, en ajoutant encore de la couleur, de la dynamique et de la mélodie à son art.

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