Chronique : THE GREAT OLD ONES – E.O.D. : A Tale Of Dark Legacy ( Season Of Mist ) note : 8/10

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Connaissez-vous Innsmouth ? Une mystérieuse et lugubre petite ville du Massachussetts. Non ?! C’est pourtant là que va nous mener cette aventure. Pour tout vous dire, je n’y suis pas resté longtemps, en réalité à peine trois quarts d’heure, mais mes impressions furent sans équivoques.

En débarquant à Innsmouth, je sais qu’un culte païen, l’Ordre ésotérique de Dagon ( EOD ) y a remplacé la religion chrétienne. Convaincu que quelque chose d’anormal s’y passe, je décide de mener l’enquête. C’est alors que je tombe sur les dévots de THE GREAT OLD ONES et leur musique impie, je décide de les écouter, et je comprends bien vite que la curiosité qui m’a poussé dans cette ville va bientôt faire place à l’horreur. Tout d’abord, je suis frappé par la puissance des incantations du quintette encapuchonné, tiraillé entre « un certain dégoût » pour cette musique intensément black et une admiration certaine pour son aspect mystique et envoûtant.

Puis le ciel s’assombrit. Je suis happé. Tout est plus sombre et plus violent qu’auparavant, que ce soit en termes de composition ou de production. Les dévots ont su conserver leurs ambiances, leurs atmosphères caractéristiques mais ils y ont ajouté une dimension plus lourde faisant ainsi de ce « conte », une œuvre intense, dense, pleines d’émotions et de rebondissements.

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Les percussions se font plus fortes et plus rapides, le rythme s’accélère puis ralentit au gré du souffle de mort qui vient m’assourdir, je suis pétrifié. Ce n’est qu’au bout de quelques minutes que j’aperçois, derrière le tumulte sonore, des hurlements au début lointain puis de plus en plus forts. La ville abriterait «  Ceux des profondeurs ». Les toms s’alourdissent, un orgue apparaît. Je me retrouve en plein rituel durant lequel des forces dont j’ai désormais conscience mais qui me dépasse complètement vont s’éveiller, l’escalade vers l’horreur (« Ritual »). Les entités se montrent alors, l’ambiance est pesante, l’atmosphère est au désespoir, un sentiment qui va s’insinuer en chacun, lentement, jusqu’à la fin. Les cris déchirants des monstres lovecraftiens se mêlent alors à l’ouragan black qui s’abat sur la ville. Les entités sortent des grandes profondeurs et entourés de leurs serviteurs, les GREAT OLD ONES, elles viennent terroriser notre monde à grands renforts de riffs mélo-dissonants, de soli infernaux et de hurlements « primaires ». Le rituel accomplit, les violons et mélopées tournoyantes font leur entrée afin d’appeler les entités à se retirer lentement dans cette mer infinie (« Mare Infinitum »).

Sur ce « EOD : A Tale Of Dark Legacy » , THE GREAT OLD ONES n’invente rien, ne change pas la donne mais travaille sa copie, affine son sujet et offre une fois de plus un album extrêmement abouti. Toujours inspiré par le célèbre H.P Lovecraft, le quintette s’efforce de faire voyager l’auditeur en le transposant dans son univers horrifique et fantastique. Mais au lieu de reprendre bêtement une nouvelle ou un roman, thème bien souvent éculé dans les milieux métalliques, le groupe essaye de se détacher en créant sa propre histoire même si elle reste indéniablement liée à la mythologie lovecraftienne, la principale source d’inspiration de nos bordelais. Ce « conte » s’écoute, se perçoit comme un voyage introspectif et spirituel dans un monde apocalyptique post-black, très réussi, une aventure que l’on se plaît « à déguster » comme un bon livre.

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