[Report] DVNE + DELUGE+ AREIS, Montpellier le 26/09/2021

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Mélodies envoûtantes, ce n’est pas un terme galvaudé quand on parle d’un groupe comme DVNE. Il jouait ce soir en deuxième partie entre AREIS, groupe du Gard et DELUGE, le groupe du guitariste François-Thomas Hordé dans l’antre metal de Montpellier, le Black Sheep.

Quand le sous-sol aux poutres basses du Black Sheep résonne des derniers accords d’AREIS, la salle est blindée. On y est : 4ème sold-out pour cette tournée européenne qui n’en finit pas de combler les attentes d’un public toujours avide des sensations fortes que seuls les lives procurent, surtout après ces mois de frustration. DVNE, basé à Edimbourg et multiclassé : Post-metal, doom, rock progressif et amoureux de Sf est d’abord un groupe international aux multiples influences. Le français Victor Vicart est chanteur guitariste, rôle qu’il partage avec le britannique Daniel Barter. Leur claviériste est une australienne et le bassiste grec. Des influences qui nourrissent leur rythmique basse- batterie, alternant le fouet et la caresse, et électrice peu à peu un public saisi par la chaleur à mourir du lieu –  et qui de prime abord a semblé trop asphyxié par le manque d’air de l’endroit pour entrer dans leur univers musical.

Malgré la signature chez Metal Blade Records, le dernier opus « Etemen Aenka », n’ayant sans doute pas bénéficié d’une visibilité suffisante, l’assistance semble plus passive, dans l’écoute et la découverte lors des premiers titres. Puis résonnent des titres comme « Towers » et son rythme de marche lente et pesante à travers les cités fantomatiques décrites dans des titres empreints de poésie futuriste. L’alternance de chants entre les deux voix des guitaristes qui se répondent à la perfection – comme un dialogue au milieu de ruines fumantes – et l’obscurité du caveau nommé Black Sheep s’écarte enfin pour que le ballet des danseurs des premiers rangs commence à s’agiter et faire tanguer ce rade. L’australienne Evelyn May vient rajouter avec son clavier envoutant ses notes limpides, et le vaisseau DVNE prend définitivement son envol.

Fait amusant, la sortie en parallèle du film de Denis Villeneuve nourrit facilement l’imaginaire que tisse la musique du quintet et leurs superbes artwork reproduit sur les t-shirt que votre serviteur ne put s’empêcher d’emporter. Progressif et jouant sur les contrastes de chromatique et sonore, le groupe tire son épingle du jeu en se jouant des poncifs du genre en les maîtrisant tout simplement à la perfection. Evoquant tour à tour : le doom de PALLBEARER et les échappés lyriques de MASTODON, DVNE fait partie de ces groupes qui n’ont pas peur de montrer qu’ils ont des émotions – à l’opposé d’une virilité outrancière propre à certains genres. Il se dégage de ce colosse aux pieds d’argile une force liée à cette alternance de fragilité et de puissance. Le titre « Omega Severer » livré ce soir en pâture à nos esgourdes pourrait enfoncer à la fois une porte blindée et faire pleurer une sirène, avec en son milieu un solo parfaitement restitué.

Futur grand, DVNE, qui s’extrait des bas-fonds de la scène indépendante peu à peu, depuis 7-8 ans maintenant, se pare grâce à sa qualité d’exécution ce soir de l’aura d’un CULT OF LUNA – attirant à lui sans aucun doute de nombreux nouveaux adeptes.

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Après avoir lutté pour obtenir une pinte à l’étage du caveau avec un serveur à l’amabilité douteuse, DELUGE démontre en quelques secondes que ce soir il joue chez lui, tant l’accueil que lui accorde le Black Sheep est chaleureux et immédiat. A l’opposé d’une musique froide et remplie de noirceur où le genre post-black pourrait le cataloguer, DELUGE s’empare de la scène comme d’une scène d’opéra– et le public chauffé définitivement à blanc par DVNE, est prêt à recevoir ses blasts en plein face, et se remplir de ses décharges électriques. Déboulant au milieu d’échos de souffles marins et de vagues répondant aux concepts de l’album, les titres d’«Aego Temple» chantés en en français par Maxime Febvet transmettent un spleen révolté remplis de fureur.

On comprend d’autant mieux l’équilibre de cette affiche mitonnée par What The Fest en mesurant que l’alternance de riches voix claires et criés se voit ici encore propulsée par une batterie brutale et martiale jusqu’à la chute, avec en fond une mélodie qui s’érode comme sur « Dirge ». DELUGE bénéficie de loin du meilleur son de la soirée, ce qui permet d’éviter que les moments de brutalités pures s’étiolent et permet une restitution fidèle de leurs versions enregistrées. La sortie d’«Aego Temple » confirmait que le groupe avait passé un nouveau palier  (voir notre chronique) ; il est de même en live, nous en avons eu la preuve ce soir.

Prochains concerts What The Fest 

ASIAN DUB FOUNDATION le dimanche 17 octobre, Victoire 2, Montpellier

LOFOFORA + VERDUN le vendredi 29 octobre, Victoire 2, Montpellier

 

 

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