[Chronique] « Dream Weapon » de GENGHIS TRON la musique hybride de demain

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« Dream Weapon » de GENGHIS TRON – METAL PROG SYNTH/DREAM-POP [7/10] – Sortie le 26 mars via Relapse

L’innovateur Genghis Tron –  c’est d’abord un combo hybride pourvu à la fois d’une âme de guerrier à la CONVERGE, d’un corps d’acier dansant aux sons de synthé rétro-futuriste et d’une programmation rythmiques des plus alambiquées. Disparu depuis 13 ans, le groupe s’est ressoudé autour des deux membres originaux Michael Sochynsky et Hamilton Jordan. Ce retour est le fruit d’un long processus de re-construction de leur  force créatrice après un hiatus survenu suite à l’accouchement d’un album sublime « Board Up The House », qui avait clôturé en apothéose une carrière éclair, retournant par la même occasion le petit monde du metal undergound et d’avant-garde. Les longues tournées qui avaient épuisé les musiciens à l’époque, victimes d’un succès qu’ils n’avaient jamais désiré, désormais loin derrrière eux. Cette année, ils ont juste envie de se réunir au GodCity Studio à Salem, dans le Massachusetts, pour concocter ce nouvel album enregistré avec leur ami de longue date le producteur reconnu Kurt Ballou.

Le chanteur d’origine remplacé par Tony Wolski, et l’ajout pour la première fois d’un batteur, en la personne du Nick Yacyshyn (SUMAC), ont toutefois modifié drastiquement l’alchimie du groupe. Fini les rythmiques programmées donc, on injecte une nouvelle dose de musique hypnotique dans ce Dream Weapon surprenant. Exit les blast beat électroniques, les hurlements grindcore, les breaks hardcore qui avaient fait la marque de fabrique de GENGHIS TRON, restent les mélodies samplées, les bits industriels, les arrangements planants, le tout mêlé, triturés à la mode « post-industrielle ». Hypnotique et format « grunge-pop », ce sont les deux contradictions dans les nouvelles tables de la loi, gravées sur ces sillons synthétiques bleus et verts, d’une pop où l’on croise les fantômes éthérés de KILLING JOKE, du rock industriel, et du shoegaze. L’invitation vers un espace où l’on peut se laisser porter (« Ritual Circle »), méditer sur  l’impact des activités humaines sur notre écosystème (« Pyrocene »), imaginer des paysages évanescents aux ambiances fluctuantes, entre moments heureux et profondes mélancolies, se dessine avec clarté au fur et à mesure des écoutes, avec en filigrane une spirale ascendante d’émotion cumulant sur le final du dernier titre « Great Mother ».

Les déçus seront ceux qui s’attendaient à un album de musique extrême, les chanceux seront ceux qui auront compris que l’intégrité de ces musiciens est une forme d’engagement extrême. Le groupe reprenant la peinture d’un monde dystopique là où il l’avait laissé en 2007, il construit une bande-son idéale pour alimenter vos insomniaques lectures de Philip k. Dick. Un album étrange, et s’il ne pourra être considérer qu’autrement qu’un événement tant GENGHIS TRON compte dans l’histoire de RELAPSE et de la musique « extrême », il en rendra, à notre humble avis, plus d’un perplexe. Remplie de trouvailles, émotionnellement aussi enthousiasment qu’un NINE INCH NAILS, Dream Weapon ne fera pas figure de classique instantané de l’électro-metal comme son prédécesseur, mais il ne fait aucun doute qu’il apportera un judicieux souffle de renouveau aux musiciens qui prendront la peine d’y puiser une inspiration salvatrice.

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GENGHIS TRON avait récemment ressorti leurs deux albums en vinyl, pour la première fois en dix ans, via relapse
Board Up The House & Dead Mountain Mouth.

LIENS OFFICIELS 
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