Loudblast – Manifesto [ Chronique ]

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« Manifesto » LOUDBLAST – Légende du death/thrash français. Sortie prévue via Listenable, le 6 novembre 2020

Même dans si l’absolu, il n’y a eu un break que de 6 ans entre « Fragments » et le retour sur nos platines de la légende française du death metal avec « Planet Pandemonium » et si, depuis leur début, la bande à Buriez n’a jamais vraiment sorti le même album, une fracture s’est opérée en 1998 avec la séparation du groupe, perdant sa place de leader de la scène nationale, dû à l’usure du temps et l’entrée en scène d’une nouvelle génération de jeunes loups avides de récupérer ce trône vacant. Avec cette re-formation en 2004, LOUDBLAST a réinjecté du sang neuf dans sa musique, en intégrant de nouveaux membres et de nouvelles idées. Sur MANIFESTO par exemple, on a deux musiciens qui sont loin d’être des inconnus et qui ont des cv des plus intéressants : le bassiste Frédéric Leclercq ( KREATOR/ Sinsaenum ex Dragonforce), et le guitariste Jérome Point-Canovas ( ex NO RETURN, E-Force). De fait, le nouvel opus est annoncé à juste titre comme la fusion stylistique de deux de leurs albums les plus impactant « entre la brutalité de « Disincarnate » et la technicité / la mélodicité de « Sublime Dementia ». Tout ceci se vérifie d’ailleurs rapidement. L’album démarre sur un titre qui aurait pu être issu de la période « Sublime Dementia ». Rapide, et violent, « Todestrieb » s’avère plus arrangé qu’un simple morceau de thrash et à sa moitié s’emballe avec une basse vire-voltante, qui part dans un break inédit, se combinant avec des guitares aiguisées. Une approche assez expérimentale, et plus sophistiquée que d’habitude, avec au milieu un soli presque Slayeresque. La cadence ne faiblit pas avec « Relentless Horror », du LOUDBLAST classique sauce thrash, auquel se mêle des éléments rythmiques heavy et speed, que JUDAS PRIEST n’aurait pas renié.

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Le groupe de death metal français Loudblast dans une forêt des environs de Paris, juillet 2020.

« Erasing Reality » reprend la même formule : un chorus de guitares – une basse qui court en fond – une nappe de guitares en harmonie. Autre brèche, dans laquelle s’infiltre la nouveauté, la voix, elle sonne cette fois-ci bien mieux qu’à l’accoutumée – plus travaillée et avec de nouveaux effets, elle offre plus de variété à un chant qui reste par ailleurs très (trop ?) classique. Puis, l’album ralentit légèrement en rythme pour laisser le temps de respirer, avec des titres proposant d’autres changements stylistiques et axés sur l’atmosphère. Bonne surprise : « The Promethean Fire » démarre comme un bon vieux MELECHESH. Comme le prouve les voix sous forme de chœur – on pense aussi aux côtés symphoniques et aux rythmiques martiales de SEPTICFLESH, avec un riff majeur fait pour lever les poings en live et une légère chromatique électro. « Invoking To Justify » marque définitivement une pause avec une intro plus calme avant de replonger vers le death/thrash le plus virulent. LOUDBLAST va ainsi alterner ses humeurs, tempérer ses ardeurs guerrières, et à l’image de « Festering Pyre » – montrer que le groupe a trouvé un nouvel équilibre. Sans être alambiqué, LOUDBLAST n’a jamais été probablement aussi technique – sans doute un ajout bénéfique dû à la paire de nouveaux musiciens, fort de leurs expériences internationales, et d’un savoir-faire français acquis sur les 35 années d’une belle carrière. Voilà un disque ambitieux fait pour plaire autant aux vieux fans et aux nouveaux amateurs de death/thrash, si tant est qu’ils se situent du côté de ceux qui apprécient le genre quand il est sophistiqué et n’est pas au ras des pâquerettes…

Liens :

www.listenable.net

facebook.com/Loudblast.official

 

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