[ Report ] THE GREAT OLD ONES + AU CHAMP DES MORTS @ Nantes, le 23/11/19

Après avoir passé un mois relativement chargé, noyé dans les ambiances bruyantes, chaudes et humides, des salles de concerts, je suis heureux de finir novembre sur une touche d’espoir et d’amour avec le premier show de la tournée de THE GREAT OLD ONES accompagné d’AU CHAMP DES MORTS… La soirée promet d’ailleurs d’être brûlante et juteuse puisque le concert affiche complet alors que je franchis, grelottant de froid, les portes du Ferrailleur.

À peine installé en face de la scène que les Français d’AU CHAMP DES MORTS déboulent. Sans aucun artifice, cheveux longs, vestes de cuirs type motard-loubard et lunettes de soleil, les musiciens vont immédiatement entamer leur show fait d’un black atmosphérique de très bonne facture.

Je connais mal la musique du quatuor, j’ai juste écouté quelques titres mais je sais juste que le groupe est mené par Stefan Bayle, guitariste d’ANOREXIA NERVOSA. De son ancien groupe, il semble avoir conservé une partie de l’âme poétique et grandiloquente mais avec un côté plus brut, plus tâché, sans nappage et sans chichi… Ce qui n’est pas pour me déplaire. Il y a indéniablement un côté triste mais enragé et vengeur dans le black d’AU CHAMP DES MORTS.

Stefan Bayle, face au public, est impeccable dans son attitude, plutôt rockeur old-school que trve blackeux, il déclame néanmoins ses textes avec force et conviction. Caché derrière ses lunettes noires, il alterne cris et parlé-chanté ( chose qu’il fera également entre les morceaux ). Côté musiciens, ça bouge pas mal aussi, la bassiste se déhanche lentement alors que le guitariste secoue énergiquement sa tignasse. Tout le monde semble accroché, arrimé au rythme de mort qui fait pulser, inlassablement, la salle. Le public d’ailleurs réagit plutôt bien, levant les bras, applaudissant fort entre les morceaux malgré un son assez inégal.

Parlons-en justement ! J’ai trouvé les guitares trop en retrait par rapport à la batterie, les voix criées étaient bonnes mais les passages en chant clair ou les choeurs de la bassiste sonnaient mal, ne connaissant pas bien les titres, je m’y suis plus ou moins perdu… En gros, c’est pas le concert de ma vie, mais j’apprécie à sa juste valeur le spectacle. Au bout de trois bon quarts d’heure, le groupe finira sur le puissant et prégnant « Dans La Joie » ( que je me suis d’ailleurs empressé d’aller réécouter une fois chez moi, preuve que le groupe possède de grosses qualités ).

Il aura fallu patienter une bonne demi-heure, rideaux tirés, pour voir les prêtres des Grands Anciens pénétrer dans l’ambiance moite du Ferrailleur. La scène s’ouvre sur « Cosmic Depths », l’introduction de « Cosmicism », le dernier ( et tout frais ) opus des Bordelais. Le groupe encapuchonné est plongé dans une magnifique lumière bleue-violacée, les tentacules de Cthulhu s’étirent derrière la batterie sur une gigantesque tenture, les symboles à la gloire de l’entité cosmique se déclinent un peu partout, prenant d’assaut jusqu’aux pieds de micro… C’est beau. Enfin, le sextet enchaîne sur « The Omniscient » et la machine saturée se met en route. Premier constat, THE GREAT OLD ONES se déchaîne, ce qui n’était pas le cas auparavant. Je suis fortement impressionné par ce déploiement d’énergie, le groupe semble avoir acquis une prestance scénique et un dynamisme qui lui faisait défaut par le passé.

Les titres de leur dernier album ( que l’on a adoré cf. notre chronique ) s’enchaînent. Visuellement, je suis totalement happé par le cauchematr, écrasé par la puissance lovecraftienne. Mais au niveau du son, quelque chose cloche, la puissance est là mais on distingue assez mal les éléments hormis la voix qui est bien présente… Les guitares et la basse semblent se mélanger mais ne créent rien de bon. Je me dis que le son va s’améliorer mais cela ne se produira malheureusement pas, j’ai essayé de bouger d’aller voir à droite et à gauche, au fond de la salle, au milieu mais rien n’y fait. Je ne semble d’ailleurs pas le seul à ressentir ce malaise, et c’est bien dommage car le show est extraordinaire mais cette bouillie sonore infâme, grasse et calorique, dénuée de goût, telle la poutine que je viens de m’enfiler avant le concert, finit par m’écoeurer… Je commence même à me poser des questions… À qui la faute ? Je n’en sais rien, je mets ça sur le fait que c’est le premier show de la tournée. Après vérification auprès d’amis Cultistes éparpillés aux quatre coins de la France, il apparaît que Nantes fût la seule date à souffrir d’un son exécrable ( ou peut-être est-ce seulement moi ! ).

Le groupe jouera tout de même plus d’une heure, et « Cosmicism » sera comme prévu interprété dans son intégralité, entrecoupé de titres plus anciens comme « The Shadow Over Innsmouth », « The Truth » ou encore « Antartica ». Mais l’ennui est venu de la qualité sonore et évidemment pas de la qualité artistique intrinsèque, ce show a fini par devenir une souffrance tant il m’est apparu brouillon. Bref c’est loin d’être le meilleur concert que j’aie vu de THE GREAT OLD ONES et c’est bien dommage car j’y avais justement placé beaucoup d’attente. Restant fan du groupe, j’espère sincèrement le revoir dans de meilleures conditions sonores car le reste était parfait. Pour finir, je tiens à remercier Garmonbozia pour avoir fait de mon mois de novembre ( et du vôtre ) un délicieux calvaire métallique…

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