[ Report ] BLACK METAL NIGHT V : PÉNITENCE ONIRIQUE + NUMEN + MUR + SPECTRALE

Ni la conjoncture, ni les grèves, ni les croyances et superstitions ancestrales, et encore moins les intempéries n’auront raison des Acteurs de l’Ombre et de leur soif de nous faire découvrir leurs groupes. C’est pourquoi, malgré tout ce qui a été cité précédemment, je me suis rendu à la Black Metal Night cinquième du nom à Nantes, le vendredi 13 décembre dernier. Un soirée qui, au moment où j’étais pris dans les bouchons, ne m’apparaissait clairement « pas gagnée »Vous vous en doutez mais je vous le dis quand même : je donc suis arrivé à la bourre et n’ai pas pu assister au show de SPECTRALE ( ce qui m’embête franchement car j’aurai adoré voir ce projet prendre vie sur scène ). Bref, la bataille ne s’engageait pas sous d’heureux auspices.

À mon arrivée, c’est MUR qui joue… D’emblée, je trouve que le nom va plutôt bien avec le projet. Le groupe bâtit, sous mes yeux et dans mon esprit, un mur que je n’arrive pas à contourner. Je n’ai pas su aller voir ce qui se cachait derrière ce mur d’incompréhension qui s’est bien vite transformé en une barrière d’ennui que je me suis empressé de sauter pour aller boire une bière.

Plus sérieusement, je dirai que leur musique expérimente différents styles, allant du metal, au black et jusqu’au hardcore… Alors je ne suis pas un pionnier du metal noir mais j’avoue que je m’y suis un peu perdu, et ce malgré un son plutôt bon et une sincérité, un engagement sans faille de la part de MUR. De même, je n’ai pas été séduit par le chant oscillant entre cris typés -core et black, tout cela malgré d’indéniables qualités musicales et un chanteur déchaîné, je suis juste resté coi. MUR propose quelque chose de différent, de plus moderne dans son approche et dans son expression qu’un black metal « banal » mais ce n’est pas mon truc. 

C’est avec les Espagnols de NUMEN que je considère donc être véritablement entré dans la nuit… En effet, venus tout droit de leur Pays Basque natal, les six rustres nous font découvrir un black metal haineux, droit et puissant, qu’ils pratiquent depuis déjà vingt ans !! Trempé dans la tradition euskadi, le groupe ne tombe néanmoins jamais dans la facilité d’envoyer des cors de chasse et autres bombardes assourdissantes ( merci ! ). Il s’applique plutôt à nous remuer les tripes et à nous étouffer sous une chape de riffs plus rapides et épiques les uns que les autres…

Après on ne va pas s’en cacher : NUMEN n’invente rien ! Mais il fait les choses avec conviction et authenticité, et je crois bien qu’il est le seul groupe de black basque que je connaisse. De plus la prestation est vraiment excellente, le son est bon mais cela reste très classique. C’est bien joué, composé et exécuté mais je n’en garderai pas non plus un souvenir impérissable. Selon moi, le groupe aura servi de très bon tremplin à ce qui va arriver juste après !

Car c’est bien pour PÉNITENCE ONIRIQUE que j’ai bravé tous les dangers. J’en ai déjà parlé ici avec des mots peut-être un peu difficile à percevoir, étant donné que ma chronique de leur dernier album en date n’était faite que de mes impressions mais je peux vous l’assurer, il m’a vraiment plu ( cf. chronique ). « Vestige » est une vague noire, d’envolées épiques en saturations malfaisantes, c’est un des meilleurs albums de black de cette année selon moi. Bref, je n’attends que de découvrir ma nouvelle lubie sur scène.

Tout d’abord, pour ne pas en remettre une couche ( mais pour le faire quand même ), je tiens à préciser que le son de ce soir n’a absolument rien à voir avec le récent concert de THE GREAT OLD ONES qui a fini par être un véritable calvaire pour votre humble serviteur, tant il était pris dans une bouillabaisse sonore relativement moribonde…

Sans fioriture, sans backdrop, juste eux et leurs masques, les six membres de PÉNITENCE ONIRIQUE vont alors m’attraper et ne plus me lâcher durant la prochaine heure. Immédiatement, je suis happé par les différentes couches sonores. Les trois guitares se superposent, se meuvent, développent leurs ornements et leur mélodies pour ne former qu’un tout extrêmement lisible. La basse ressort, ronde et chaleureuse, je n’avais d’ailleurs pas remarqué qu’elle était aussi technique et impressionnante sur album… Je reste scotché par tant de maîtrise de la part du groupe. Le chanteur est quant à lui à proprement parlé majestueux, déjà de par sa stature golgothique ensuite de par la puissance vocale qu’il dégage. Il hurle jusqu’à un essoufflement qu’il semble cependant parfaitement contrôler. Sans nul doute, c’est un démon qui doit se cacher sous le masque.

De mon côté, sans même essayer de lutter, je m’enfonce dans cet océan, brut de noirceur, ce cauchemar percutant qui maintient mon rythme cardiaque en alerte permanente, en tension. Je découvre les vestiges, l’humanité en ruine… Le spectacle est au rendez vous. Je ne suis pas déçu et passe un excellent moment qui vient confirmer mes premières impressions : il faut découvrir PÉNITENCE ONIRIQUE, contre vents et marées.

Merci aux artistes et aux Acteurs de l’Ombre pour cette soirée, à bientôt !

 

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