Clutch + Graveyard + Kamchatka @ Le Rocher de Palmer – Cenon, le 15/12/2019

Décidément cette année le Rocher de Palmer aura plus que satisfait le public bordelais. Une dizaine de jours avant Noël, c’est un plateau de rêve qui est présenté en cadeau d’avance. La date « sold out » depuis plusieurs semaines a été à la hauteur des espérances. On vous raconte !

Kamchatka

Kamchatka, c’est une péninsule volcanique en Extrême-Orient russe qui s’avance dans l’océan Pacifique. Mais c’est aussi et surtout un trio suédois extrêmement influencé par le blues rock des années 60/70. Ce trio est auteur de 7 albums (dont le dernier –Hoodoo Lightning- est sorti cette année) depuis 2001. On peut dire qu’ils sont très potes avec Clutch puisque c’est loi, très loin d’être leur premier tour ensemble (ils l’ont fait dès 2007, puis à plusieurs reprises ultérieurement). Les influences de Kamchatka sont très variées et parfaitement fusionnées. Il faut dire que ce trio rassemble 3 gros talents, dont le fameux Per Wiberg qui a très longtemps officié chez Opeth. Le résultat est tout simplement somptueux, le public accroche très largement et se laisse porter. Nous avons été ravis de les voir sur Bordeaux, la demi-heure de set est passée très (trop) rapidement, et on espère sincèrement que Kamchatka repassera par ici.

Graveyard

Graveyard est un groupe de hard rock suédois, originaire de Göteborg qui officie chez Nuclear Blast. Actif depuis 2006 (avec une brève interruption durant l’année 2016), il s’agit là aussi d’un trio extrêmement talentueux. Le public semble quelque peu partagé, certains préfèrent aller boire un verre étonnamment, et beaucoup se montrent très passif ce qui est dommage. A moins que, au contraire, la plupart soit saisie de l’instant (ce qu’on espère). Parce qu’honnêtement, Graveyard a livré une prestation incroyable, la voix de Joakim Nilsson est exceptionnelle et on est totalement subjugué par sa puissance et son timbre si particulier. C’est un véritable voyage dans le temps, Graveyard est intrinsèquement constitué par les lettres de noblesse du genre, variant entre rock, blues rock et rock psychédélique. C’est un show dans la droite lignée du précédent, le plateau est parfaitement composé. Auteurs de 5 albums, dont le dernier est paru en 2018 (« Please don’t »), Graveyard délivre un show de 40 minutes qui passe, lui aussi, à une allure bien trop rapide… On espère sincèrement que le public a réellement apprécié ce moment, au moins autant que nous (même si la plupart ne l’a pas laissé transparaître), car ils le méritent très, très largement.

Clutch

C’est évidemment la tête d’affiche de la soirée. Une fois n’est pas coutume, c’est cette fois un quatuor, que dis-je, le quatuor que tout le monde attend. Sans fioritures, les 4 piliers pénètrent la scène pour envoyer du lourd. Clutch, c’est quasiment 30 ans de carrière, 12 albums et des centaines de concerts. Le groupe oscille, lui aussi, entre les genres mais c’est toujours, mais alors toujours parfaitement pensé et exécuté. Les mecs maîtrisent leurs morceaux sur le bout des doigts, on ressent leur aisance, ça déroule. Le seul regret, c’est en termes de jeu de scène. Neil Fallon (le chanteur, ndlr) occupe parfaitement l’intégralité de la surface de la scène, n’hésitant pas à chercher le regard de chaque personne dans le public (ce qui est plutôt rare en fait, la plupart des chanteurs regarde le public de manière très générale). C’est très plaisant et communicatif. Le batteur Jean-Paul Gaster affiche lui aussi une banane communicative (et on admire son aisance technique, c’est sans doute le batteur rock par excellence). En revanche Tim Sult (guitariste) et Dan Maines (bassiste) sont très en retrait, plantés sur leur instrument et sur leur position fixe, ne cherchant pas à échanger spécialement avec le public. C’est dommage, et c’est sans doute ce qui manquera à ce show qui est, pour le reste, impeccable. On est tellement content de voir ce monstre sacré du Maryland se pointer en région bordelaise pour envoyer son stoner rock qu’on ne cache pas notre joie. Il y a une excellente ambiance dans le public qui participe énormément au show, ça slam dans tous les sens, ça envoie des vannes en concertation avec le chanteur entre les titres… Bref, ambiance conviviale ! Une bonne suprise à noter : Clutch a invité sur scène Laurent Lacrouts du groupe The Inspector Cluzo, ainsi que Per Wiberg afin de partager un titre. On a déjà hâte d’être au Hellfest pour voir The Inspector Cluzo sur scène.

D’ailleurs Clutch aura délivré un show qui n’est pas sans rappeler celui du Hellfest cette année, avec des titres ravageurs et une ambiance de feu. Clutch finira d’ailleurs son set sur l’incontournable « Electric worry », suivi de la fameuse reprise des Creedence Clearwater Revival: Fortunate Son. Et là encore, on a vraiment, pas vu le temps passer… Énorme !

Setlist
Pure Rock Fury
Noble Savage
Ghoul Wrangler
H.B. Is in Control
Profits of Doom
Cypress Grove
Spacegrass
Firebirds!
Crucial Velocity
The Regulator
Evil (Cactus cover)
Emily Dickinson
A Quick Death in Texas
Brazenhead
The Wolf Man Kindly Requests…

Rappel:
Electric Worry
Fortunate Son

Remerciements : l’équipe du Rocher de Palmer
Credits photos @ Fabien – Tous droits réservés

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