Focus sur la 4ème édition du festival EX TENEBRIS LUX organisée par What The Fest à Montpellier

Être organisateur de festival en 2019, quand on fait le choix de l’originalité, d’être décalé et de transporter le public hors de sa zone de confort, n’est pas vraiment une sinécure.  Quand en plus on prend le pari de respecter la tradition des trois jours de festival de Samain, du 31 octobre au 2 novembre, on ne craint pas la crise. Montpellier a été pris d’assaut dans trois endroits différents : La Halle Tropisme, La Maison des Chœurs et Le Rockstore.

Retour sur la soirée du 1er novembre 2019 à La  Maison des Choeurs.

Réunir trois ovnis musicaux, dans une chapelle du 17ème siècle, est un pari osé, mais le lieu est parfait pour une soirée décalée, et chaleureuse en cette nuit humide et sombre, et pour nous plonger dans l’ambiance de ces groupes ayant tous en commun d’utiliser des instruments à corde modifié.

Pasteur Guy ouvre les festivités. Dj iconoclaste, œuvrant en habit de prêtre, installé sur l’autel de l’ancienne église, avec le logo hypnotisant de What the Fest comme point d’ancrage, fixé sous ses machines, il donne le La, sous des vitraux teintés de rouge infernal : le What the fest va nous emmener à la découverte d’artistes hors-norme. Sous les galeries, nous croisons par ailleurs des digital artistes comme Bruno Wagner, installé à Montpellier, ou encore un live-painting et la performeuse Léa Montravers, « Mère Dragon ».

Le duo MACHINALIS TARANTULAE ouvre véritablement le bal musical. Avec son électro-indus, assuré par une viole de gambe revisitée, l’ambiance s’impose comme troublante, et divinement émouvante et sombre. L’atmosphère mystique distillée par cet instrument, branché à une batterie d’effets très doom, se voit augmenté d’une guitare aiguisée, assurée par Miss Z (Punish Yourself].

Justine Ribière surprend par la richesse d’ambiance qu’elle est capable d’inspirer grâce à sa viole, à la fois froide et touchée par la grâce. L’alchimie opère avec le public, sans doute grâce à une évidence rock, au milieu de cette déferlante de notes surtout baroque. Reste que visuellement, si les deux artistes ont pris soin de soigner leurs habits de circonstance, on regrette qu’à l’instar des finlandais d’APOCALYPTICA, le groupe n’ait pas trouvé le moyen de jouer debout, en s’installant sur des chaises hautes, par exemple. On sent que Miss Z trépigne dans ses moments de guitares agitées, car crier sa rage punk assis, n’est pas des plus évidents, et dès lors l’impact visuel de leur show n’en serait que plus intéressant. Nul doute que ce groupe d’hyper-créatif trouvera une solution pour ne pas nous priver de l’aspect le plus dansant et orgiaque de leur musique ; pour l’heure, les réactions suscitées par le public n’étaient que positives.

Dès les premières minutes du show de RÏCÏNN, la chanteuse Laure Le Prunerec accroche tous les regards, dans sa longue robe noire soulignant sa silhouette longiligne. A plus d’un titre, elle fait penser à la performance de la diva Zhang Liangying dans le Cinquième élément, connue pour avoir chanter des notes impossible à reproduire par une voix humaine. Tant elle subjugue son audience, tant sa performance touche à la perfection. Qualifiée de Baroque-metal- experimental cette musique est une vision trop binaire, tant ce groupe est versatile, tantôt versant dans la world music à la DEAD CAN DANCE, comme le titre « Drima », nous le fait penser, tantôt dans le post-black metal le plus épuré. Composé de Laurent Lunoir à la guitare, membre aussi d’ÖXXÖ XÖÖX et d’IGORR, et du violoncelliste Raphael VERGUIN, le trio représente ce que l’avant-garde français a de mieux à nous offrir en terme de talents individuels et de volonté de sortir des sentiers si souvent battus.

MR MARCAILLE dénote en éclatant dès son arrivée sur scène la bulle d’outre-monde dans laquelle nous étions plongés. Jouant en caleçon, avec une crinière qui n’a pas dû approcher un peigne depuis une décennie, on l’imagine en professeur de violoncelle déjanté au conservatoire, poussant ses élèves au nihilisme et citant Bukowski en leur braillant ses chansons, chaussé de deux grosses caisses, et armé de son violoncelle, branchés sur un ampli mis à fond. Fait exprès ou non, un compère, plus qu’alcoolisé, sort du public, l’apostrophe et se laisse dans une gigue déséquilibrée, enthousiasmant les premiers rangs. Parfaite combinaison. Car à son image, Mr Marcaille bouscule le public avec une musique plus proche du dancefloor pour metalleux de la pire espèce, voulant se terminer sous un chapiteau de festival vers les 4h du mat’, que de la musique de chambre. MR MARCAILLE, chef d’orchestre à classer près de l’iconique Lemmy de MOTÖRHEAD, conclut parfaitement le trio de musique new-baroque de la soirée dans une apothéose de riffs nauséeux, et une approche post-punk de la musique, vivifiante de bonne humeur.

Merci à Muriel de What The Fest. Prod.

Plus d’infos :

whatthefest.com

Facebook.com/WhatTheFestProd

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