Eluveitie + Lacuna Coil + Infected Rain @ Le Rocher de Palmer – Bordeaux, le 26/11/2019

Encore une grosse programmation ce soir sur la scène du Rocher de Palmer! Décidément, en cette fin d’année, le public bordelais est particulièrement bien gâté. Et très clairement, ceux qui auront fait le déplacement n’ont certainement pas regretté leur soirée. Retour en texte, et en images !

Infected Rain

A la lisière des genres entre le death et le metalcore, les poulains de Napalm Records sont originaires de Moldavie et font pas mal parler d’eux. Plus de 10ans de carrière et 4 albums ont suffit pour que leur nom traverse assez largement les frontières. Mené par la charismatique Elena Cataraga, Infected Rain a un jeu de scène très visuel et graphique qui n’est pas sans rappelé un certain Arch Enemy (coïncidence ? je ne crois pas). Ce n’est pas un défaut, loin de là, visuellement ça envoie autant que la musique, et pour une première partie, ça place déjà la barre très haut! Les riffs sont lourds, puissants et efficaces. Qu’on adhère ou non à la musique, c’est un excellent show. Dommage que le running order ait été assez largement avancé en ouvrant très tôt dans la soirée (à la demande des groupes), cela nous a empêché de voir le show dans on intégralité.

Lacuna Coil

Cela fait très longtemps que nous voulions les voir. D’ailleurs le groupe n’est pas tout jeune. Formé en 1994, et mené par la sublime Cristina Scabbia, les italiens viennent de dévoiler leur neuvième album de sa discographie : Black Anima. Assez bien taillé pour le live, le groupe a pris soin de sélectionner les meilleurs morceaux, à commencer par le magistral Layers of Time, le puissant Reckless ou l’excellent Veneficium. Outre les nouveautés, Lacuna Coil n’oublie pas ses vieux fans et a pris soin de jouer les incontournables, comme sa fameuse reprise de Enjoy The Silence ou le mythique Heaven’s a lie.

En 25 années de carrière, le line-up a assez peu bougé ce qui est une jolie prouesse. Le duo avec Andrea Ferro fonctionne toujours aussi bien, et scéniquement ils se complètent parfaitement. Diego Cavallotti, dernier arrivé dans le groupe, semble s’être bien intégré. Vu la consistance du dernier album, il a su apporter un nouveau souffle à la formation qui était un peu en désuétude malgré des sorties et des tournées régulières. Une très bonne arrivée qui permet à Lacuna Coil de se replacer sur la carte des grandes programmations, à commencer par le Hellfest qui les accueillera en juin prochain. A l’origine gothique, le groupe a su se renouveler et mêler à la fois des sections rythmiques death efficaces aux orchestrations dont il a le secret. Le résultat est somptueux.

Lacuna Coil a livré une excellente prestation ce soir, à la fois puissante et équilibrée. Ils confirment leur renaissance et on a déjà hâte de les revoir en juin prochain !

Setlist
Blood, Tears, Dust
Our Truth
Layers of Time
My Demons
Reckless
Enjoy the Silence
The House of Shame
Sword of Anger
Heaven’s a Lie
Veneficium
Nothing Stands in Our Way

Eluveitie

Voici donc la tête d’affiche. La salle s’est bien remplie au fur et à mesure de la soirée. Au début on pensait que ce n’était pas gagné pour qu’elle se remplisse pleinement, mais au final, elle semblait bien complètement comble! Les lumières se tamisent, l’introduction commence… Puis l’immense rideau tombe pour dévoiler cette immense scène sur laquelle se répartissent les neuf membres du groupe. Enfin, quand on dit « groupe », soyons honnête, on ne sait plus très bien à qui on a affaire. Le leader Chrigel Glanzmann est toujours là, mais le line-up a tellement varié au fur et à mesure des années qu’on en vient à se demander s’il ne s’agit pas plus d’un collectif que d’un véritable groupe digne de ce nom. Nous les avons vus en 2010 et en 2014, et à chaque fois nous découvrons un nouveau line-up… Mais ne soyons pas mauvaise langue, depuis 2016, le line-up semble s’être bien stabilisé. L’actuelle formation est assez jeune et extrêmement talentueuse, à l’image de la magnifique Fabienne Erni, harpiste et chanteuse dont la voix ne laisse pas indifférent. Ou encore à l’image du batteur Alain Ackermann, discret et concentré mais d’une technique et une précision absolument incroyable.

Eluveitie a une présence scénique assez exceptionnelle. Les lumières sont excellemment gérées, tout est très bien mixé, et leur nombre donne une impression orchestrale très intéressante. Il faut dire que neuf membres dans un seul groupe, ce n’est pas chose courante. Ils ont travaillé leur positionnement de manière à ce que l’espace soit toujours occupé harmonieusement. C’est d’ailleurs limite trop lissé et ordonné : si un membre bouge, il permute automatiquement avec un autre membre. Evidemment la plupart des groupes fonctionnent ainsi, mais avec autant de membres, la chorégraphie est assez manifeste. Les duos, les instants un peu anarchiques, les moments de partages entre musiciens sont finalement assez rares, chacun restant à sa place assez militairement. Mais si on dézoom et qu’on ne s’arrête pas à ces détails, visuellement c’est impeccable et cela reste très agréable à regarder.

Eluveitie déploie un show très très bien rodé. Ils présentent eux aussi leur nouvel album intitulé Ategnatos. En live, il fonctionne plutôt bien et le public est très réceptif. Le titre le plus death est certainement Worship, et en live il décalque assez bien! Il n’est pas sans rappeler le titre Rebirth (tiré de l’album du même nom) qui sera joué en avant dernier. Très efficace. L’ambiance est plus qu’excellente. Le public bordelais, d’ordinaire assez calme, se lâche bien avec plusieurs wall of death et quelques slams. Le point culminant de la soirée sera atteint sur l’incontournable Inis Mona. C’est le point d’orgue, et on ne voyait pas comment le concert pouvait finir autrement. De façon générale, Eluveitie a complètement conquis la salle et je n’ai pas eu l’impression qu’une seule personne se soit ennuyée. Une note très positive et encore une belle réussite au Rocher de Palmer avec cette affiche de grande qualité.

Setlist
Ategnatos
King
L’Appel des Montagnes
Deathwalker
Quoth the Raven
The Slumber
Worship
Artio
Epona
A Rose for Epona
Ambiramus
Drum Solo
Thousandfold
Breathe
Helvetios
Rebirth
Inis Mona

Remerciements : L’équipe du Rocher de Palmer
Credits Photos @ Fabien (tous droits réservés)

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