Entretien avec Thomas Courtin du Festival Les Lunatiques : « On s’est dit qu’il était important d’aller dénicher des projets que ce soit localement ou un peu plus loin afin de les proposer et de faire une programmation différente de ce qui se fait ailleurs. »

Le mois dernier avait lieu la seconde édition du Festival Les Lunatiques ( cf. notre report ), l’occasion pour nous de rencontrer son programmateur Thomas et de discuter avec lui de cet événement en devenir de la rentrée rennaise !!

Peux-tu nous présenter le festival ? Sa genèse ?

Thomas : La volonté du festival dans son projet global c’est de proposer une programmation éclectique. Il se base sur 4 associations de Rennes qui avaient déjà expérimenté chacune dans leur coin le format festival, que ce soit sur un ou deux jours, dans des petits lieux, sur Rennes ou autour. Avec toutes ces expériences accumulées, notamment les erreurs commises, et vu qu’on est également tous potes dans la vie, on a pas mal discuté et on s’est dit : « en fait, on pourrait peut-être bosser ensemble et créer ce festival ». De fil en aiguille, à force de se filer des coups de main dans les concerts etc… Les étoiles ont fini par s’aligner. On a eu la chance d’avoir la Mairie et MJC de Pacé qui nous ont ouvert les bras malgré les appréhensions que nous avions car on propose tout de même une musique de niche. Mais ils nous ont soutenu et nous soutiennent d’ailleurs encore.

La première édition, qui était plutôt orientée metal et rock, s’est très bien passée avec une affluence modérée vu que c’était une première ! On a eu de très bons retours de la part des artistes, de la Mairie de Pacé et des gens qui y ont participé. Là on remet le couvert avec une deuxième édition qui est ce coup là vraiment éclectique d’où le nom des Lunatiques. En fait, on vient historiquement du rock et du metal mais on est sensibles à beaucoup d’autres styles donc on s’est dit qu’il était important d’aller dénicher des projets que ce soit localement ou un peu plus loin afin de les proposer et de faire une programmation un peu différente de ce qui se fait ailleurs.

En effet, la programmation est très éclectique. Comment choisissez-vous les groupes ? Qui s’en occupe ?

Alors sur la partie veille au quotidien, c’est moi qui m’en occupe… Je vais aux concerts, je suis les labels, j’écoute beaucoup de choses, je discute avec pas mal de gens. Après je fais une sélection, et je la soumets à un comité d’écoute. Ensuite on ré-écoute, on discute, on détermine si cela correspond à notre état d’esprit, tout cela de manière collégiale.

Peux-tu nous parler de l’affiche ? Qui l’a crée ? A-t-elle un sens caché ou non caché ?

Oui, c’est l’oeuvre d’un ami qui s’appelle Gilles Estines aka Mekaa qui bosse dans une agence de communication et qui en parallèle a une activité d’artiste et de peintre. On avait déjà bossé avec lui l’année dernière et c’est, pour la petite anecdote, aussi lui qui a fait pendant des années les affiches du Motocultor et qui fait notamment celles des Arts Bourrins. Nous, on lui a juste donné les valeurs du festival : lunatique, éclectique etc… et il nous a scotché. Sur cette deuxième édition, on lui a donc donné carte blanche.

Ce qu’il nous a raconté à l’envoi du prototype c’est qu’il a voulu mettre en avant le côté jeune festival en gestation, le côté maternité, d’où la présence de ces trompes de Fallope. Il y a également toutes les lunes entourant l’appareil reproducteur, elles sont le symbole de l’influence de la lune sur les naissances. Ce qui n’est pas forcément quelque chose auquel on croit mais qui est symboliquement fort.

Qu’en est-il de la pérennisation du festival ? Comment souhaiteriez-vous le voir se développer ? Un autre endroit ? Des groupes plus connus ?

Alors tant que la Mairie de Pacé et la MJC nous accueillent avec autant de ferveur et de chaleur, nous on reste là. Historiquement, on est plusieurs à venir de Pacé, donc ça nous intéresse de faire vivre la culture ici. Maintenant, on a pleins d’idées, forcément ! On a envie de passer sur un format deux jours, on a envie de passer en extérieur…

Mais on en est qu’à la deuxième édition donc pour le moment il faut qu’on continue à expérimenter dans ce lieu. Ici, on a la possibilité d’exploiter plein d’espace, on a un site plus vivant et plus immersif que l’année précédente et il nous reste encore plein de chose à faire ici. Moi, j’ai des idées de rencontres, de conférences, etc… Mais il faut d’abord qu’on réussisse à pérenniser ce format là avec une jauge modérée et qu’on devienne un rendez-vous immanquable sur la région rennaise.

On va finir par une petite question sur vos références en terme de festivals, quels sont vos sensibilités, vers quoi voulez-vous tendre ?

Alors ma référence en terme de programmation, c’est un festival complètement dingue, éclectique mais plutôt typé, c’est l’ArcTanGent à Bristol en Angleterre. Il a une jauge de 5000, 6000 personnes, 4 chapiteau et il se consacre aux musiques plutôt rock progressif, metal, math-rock etc… Mais qui a aussi une programmation qui s’ouvre au folk et à pas mal d’autres styles.

En terme d’immersion et de déploiement logistique, il y a le Hellfest parce que c’est la référence en France même si ce n’est pas du tout ce que l’on veut faire ici. Sinon pour nous, j’aimerai bien qu’on prenne le Roadburn en référence parce qu’il y a un côté super immersif, super défricheur de talent et totalement unique et ça, ça nous intéresse. Maintenant, c’est un festival assez cher et si on pouvait, nous, ouvrir les portes à tout le monde, on le ferait. Si on pouvait devenir à notre petit niveau un espèce de Roadburn breton ou un Euroblast breton, ce serait énorme ! L’Euroblast c’est plus metal technique, djent mais c’est des gros défricheurs et dénicheurs aussi, une référence !

Et sinon, je voulais parler du Festival Maintenant à Rennes, cela n’a rien à voir avec du metal, c’est un festival d’arts numériques et de culture électronique mais vu qu’ils sont ancrés dans le coin depuis un moment, ils sont capables de déployer leur festival dans pleins de lieux à Rennes et ça c’est énorme. Voilà donc pour nos références !

Merci et bon courage pour la suite !

Thomas Courtin

 

 

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