SVART CROWN – Abreaction ( Century Media Records ) note : 7/10

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Mes pérégrinations sur les chemins du death metal m’ont bien trop souvent mené outre-atlantique ou en terres scandinaves. En effet, je ne peux le nier, ces peuplades offrent un gage de qualité en matière de metal souvent difficile à égaler pour les habitants de nos lointaines contrées. Mais cette nouvelle plongée dans l’univers death va, pour une fois, me mener en France, dans la garrigue niçoise plus exactement, où je vais retrouver une petite colonie isolée de ses comparses et répondant au doux nom de SVART CROWN.

Après treize années d’existence, quatre albums sortis, des tournées avec MARDUK ou encore BENIGHTED, et alors que sa notoriété va bon train, SVART CROWN « ressort » enfin de son maquis pour nous présenter « Abreaction », son nouvel album, récemment sorti sur Century Media Records. Sans déroger à ses habitudes, le groupe s’est adonné au principe d’évolution constante, « toujours plus haut », que ce soit sur la qualité de sa musique, voguant sur un blackened death empli de groove et de rythme tribaux, comme sur la qualité de sa production toujours plus pointue et aboutie.

SVART CROWN – Orgasmic Spiritual Ecstasy (OFFICIAL VIDEO). Century Media Records 2017.
Taken from the album, « Abreaction », released on March 3, 2017/ Director – David Fitt

Et d’emblée, c’est ce qui fait la différence, l’énorme travail de production réalisé par Francis Caste ( KICKBACK , NECROBLASPHEME ). Le climat y est orageux, pesant, l’ambiance chaude et épaisse, chamanique, comme sur la majorité de cet album qui va faire la part belle aux mid-tempos et aux ambiances psycho-vaudoues. C’est d’ailleurs la trame principale d’« Abreaction », ce côté rituel, intense de bout en bout et l’intégration de plans tribaux nous entraînant ainsi dans de sombres univers aux sonorités ethnico-païennes. Toutes ces ambiances ne sont pas sans rappeler, proportions gardées, les parrains du style que sont ROTTING CHRIST ou encore SEPTIC FLESH.

Pour le reste, on verse dans un blackened death puissant, brutal, dissonant et fortement influencé par BEHEMOTH, MORBID ANGEL etc… avec des rythmiques lourdes et torturées comme le riff écrasant de « Golden Sacrament » ou le dévastateur « Carcosa » et ses riffs rapides, complexes et dissonants.

À l’approche d’ « Upon This Intimate Madness », la chape de plomb SVART CROWN entre en action, faisant dégouliner riffs ultra rapides déstructurés et ambiances lourdes comme pour mieux le noyer l’auditeur sous la masse sonore.

On est même pas à la moitié de l’album et on voit déjà que nos « sudistes » sont encore montés d’un cran, le travail sur les guitares est impressionnant, technique tout en restant intelligible.

Vient alors « The Pact: To The Devil His Due » qui, crescendo, devient de plus en plus puissant, inquiétant et dérangeant, avec ses longs passages qui viennent poser les ambiances lourdes et mélancoliques tout en renforçant l’impact des riffs death ravageurs.

Les intermèdes comme « Lwas » ou « Tentation » amènent des plans plus psychédéliques et complètent parfaitement ce tableau ritualistico-vaudou voulu par le groupe.

Enfin un « Nganda » hypnotisant et libérateur vient clôturer l’album, offrant également des mélodies plus heavy et « entraînantes » qu’à l’accoutumée.

« Abreaction » a donc rempli mes attentes en terme d’évolution, je note un très bon travail sur les textures vocales, même si indéniablement « nergaliennes ». Parfois torturé (« Golden Sacrament », « Nganda »), parfois hurlé, parfois plus profond et clair comme sur « Khimba Rites » ou pleins d’émotions sur « Transsubstantiation », ce chant arrive à varier les plaisirs et donc à ne pas lasser.

Par ailleurs, j’avais récemment été subjugué par la prestation dite « Steven Seagal Style » de Romain Goulon derrière les fûts de BENIGHTED, il aurait donc été sacrilège de ne pas parler de la prestation dite « Sylvester Stallone Style » de Kevin Paradis sur ce « Abreaction ». Spectaculaire, le ‘sieur ne s’est pas endormi sur ses baguettes, et a su être créatif tout arrivant à mettre dans sa popote à peu près tout les ingrédients nécessaires à un grand disque. J’entends par là, variation de rythmes, cassures, parties complexes ultra-rapides, contre-temps, percussions tribales et j’en passe !

Pour résumer, c’est en grand curieux pétri d’inspirations et d’influences que SVART CROWN essaye de retranscrire ses idées et ses envies, nous délivrant ainsi une musique riche, complexe et complète. Avec « Abreaction », le groupe propose un « voyage en introspection », loin des routes pavées de cette réalité. Ces chemins sinueux, si on choisit de les emprunter, s’ouvrent sur une quête spirituelle profonde que SVART CROWN semble s’être récemment découverte. Alors à quand la suite ?

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