Interview : Rencontre avec le fondateur de Spheres, Jonathan Lino

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Jonathan Lino, fondateur du groupe français de metal progressif Spheres. Il nous a offert une belle rétrospective de ce jeune groupe qui fait de plus en plus parler de lui grâce à son récent album « IONO ». L’interview se voulait la plus globale possible afin que vous puissiez mieux appréhender le groupe si vous ne le connaissez pas. Bonne lecture !

Sound Protest : On commence par la classique présentation du groupe ?

Allez! J’ai monté le groupe il y a un an et demi en mai 2018. j’avais envie de faire un projet de metal prog, j’avais déjà des idées de compos et du coup j’ai fait des démos. Puis j’ai rencontré Tom, batteur néerlandais qui est venu s’installer sur Paris. Excellent batteur qui a tourné avec Anneke van Giersbergen (chanteuse de The Gathering aant joué également avec Devin Townsend Project, ndlr). Après on a rencontré Camille, et enfin Lek le bassiste s’est joint à nous. Et c’est comme ça que tout a commencé !

Sound Protest : Comment vous situez-vous par rapport à des styles plus récents comme le djent par exemple ?

Le progressive metal core c’est vraiment quelque chose que j’ai découvert assez tardivement. Le djent a une base plus metalcore, fait par des gens qui ont un bagage un peu plus jazz, qui aiment créer des métriques impaires… Moi j’étais un peu en marge de tout ça parce que j’ai découvert ça assez récemment le djent. Ce ne sont pas mes sources d’inspiration d’origine, mais pourquoi pas! Je sais que notre bassiste aime quelques groupes djent. Ce sont des choses qui pourraient nous influencer. Camille est un très bon guitariste, très shred…

Sound Protest : Ca pourrait coller!

(rires) Ca pourrait coller ! Mais pour le moment ce n’est pas encore une influence.

Sound Protest : Et du coup quelles sont vos influences ?

On aime bien Tool, Opeth, Mastodon, Gojira…

Sound Protest : Le prog est une musique assez complexe, est-ce que tu penses que ça peut être une barrière en terme de popularité ?

A partir du moment où c’est fait avec talent… C’est à toi aussi de capter l’attention, de faire une musique qui soit quand même accrocheuse même si c’est du prog. Il ne faut pas faire du prog exprès pour faire des choses complexes, et au final tu ne parviens pas à faire quelque chose d’accrocheur.

Sound Protest : Es-tu satisfaire des premiers retours pour l’album ? Quel bilan tires-tu jusqu’ici ?

Oui très satisfait, on a eu plein de bons retours dans la presse. Par contre ça manque de retours de l’étranger. J’aimerai bien avoir plus de retours de la presse allemande par exemple parce que ça marche très bien là-bas, et comme Tom parle couramment allemande…

En terme de label vous en êtes ou ?

Pour le moment c’est nous le label. On est distribué par Season of Mist, ça nous donne accès chez des grands distributeurs comme la Fnac, mais pour l’instant on a pas de label. Pour le prochain album j’en doute pas !

Sound Protest : Pourquoi avoir pris la décision d’avoir directement fait un album et ne pas passer par une phase « test » d’EP par exemple ?

Tout simplement parce qu’on avait la matière pour faire un album! En fait j’avais écrit 40 minutes de musique et j’ai proposé à Camille d’écrire un morceau plus court et plus direct au format de 3 minutes. Il a écrit la musique et j’ai écrit les paroles. Et voilà on avait quasiment 45 minutes de musique. On ne voulait pas aller plus loin parce qu’on voulait le sortir en vinyle. Mais le prochain sera vraisemblablement un EP parce que je voulais qu’on ait une actualité dès l’année prochaine. Refaire un album dès l’année prochaine serait surement un peu ambitieux… Il y a rien d’amateur dans le fait de faire un EP. Regarde des groupes comme Ghost, c’est même leur marque de fabrique, ils alternent entre EP et LP. Ca permet de donner une actualité régulière. La manière dont on consomme la musique a aussi beaucoup changé. Maintenant les gens peuvent acheter un seul titre. Ou alors ils écoutent en streaming sur internet. Aujourd’hui l’EP n’a plus l’étiquette « groupe en développement » qu’on a pu avoir dans le passé.

Sound Protest : Est-ce que tu peux revenir sur la phase d’enregistrement ?

C’est mon métier, je suis ingé son et j’ai vraiment tout ce qu’il faut à la maison. On a fait des pré-prod avec chant, guitare, basse et une boite à rythme. Puis on est allé enregistrer la batterie dans un vrai studio à Paris où j’ai l’habitude de bosser. Ca a pris un an à peu près. Ou quasiment, on va dire 9 mois.

Sound Protest : Vous avez un univers assez riche, c’est ce qui vous caractérise ?

C’est surement ce qui nous caractérise le plus : les reliefs. On est pas non plus dans la surenchère de la technique, même s’il y a des métriques impaires. J’ai tourné avec des groupes qui n’étaient pas forcément des groupes de metal ce qui m’a forcément aussi influencé. Les groupes de prog vont toujours puiser dans des genres qui ne sont pas forcément dans le metal. Par exemple Tool s’inspire beaucoup de la world music, c’est très tribal… Gojira c’est très atmosphérique. Opeth c’est très classique, baroque, contemporaine…

Sound Protest: Quel est le titre le plus représentatif du groupe ?

C’est difficile à dire, d’autant plus que cet album je l’ai écrit quasiment tout seul. Je voulais composer la matière pour trouver les gens. Maintenant on va essayer de composer des choses ensemble, et là ça sera surement plus représentatif. Moi j’aime beaucoup « Sound city » parce que j’ai beaucoup de plaisir à le jouer en live. Ce titre commence assez rock prog et ça devient de plus en plus heavy. Il y a toute une deuxième partie qui devient plus brutale. C’est une sacré montée d’adrénaline sur scène !

Sound Protest: Est-ce que tu peux expliquer la thématique spatiale qui a été choisie pour cet album ?

On aime bien les univers de film de SF des années 80, d’anticipation… Et c’est un peu abordé en filigrane dans les titres.

Sound Protest : Tu peux nous parler un peu du clip ?

En fait le morceau parle de ce besoin que l’homme a d’aller toujours plus loin, plus haut, de transformer son milieu naturel. Mars sera peut être la prochaine étape de l’exploration. Mais autour de ça on voulait quand même broder une histoire, courte car c’est un petit format. Et donc on a eu l’idée de faire un concert sur mars, en train de jouer qu’avec des clones de nous-mêmes. Dans le groupe on a la chance d’avoir Camille qui est réalisateur, qui fait de la 3D, ce genre de chose. On a filmé dans une chambre verte et lui s’est tapé tout le travail! Camille a tout fait tout seul, il a passé du temps. Au moins 3 ou 4 semaines à fond parce qu’il fallait qu’on le sorte le 31 mai, la deadline était fixée.

Sound Protest : Et niveaux dates vous vous en sortez ? Des dates à annoncer prochainement ?

Oui pas mal. C’est beaucoup Tom et moi. Moi je m’occupe de toutes les dates françaises, et Tom cherche les dates dans le Benelux et en Allemagne. Et j’aimerai me pencher sur l’Angleterre. A venir en France le 22 novembre à Rennes, et le 23 novembre à Nantes! Et j’aimerai venir jouer à Montaigu.

Sound Protest : merci ça sera tout pour nous, excellente continuation à vous !

Je te remercie et à bientôt !

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