Report – Dopethrone, le roi du Sludge crasseux dans la fournaise surpeuplée du Black Sheep à Montpellier

DOPETHRONE AU BLACK SHEEP DE MONTPELLIER -WORMSAND, le 07 septembre 2019

La soirée concoctée par Cosmic Cactus Sessions a embrasé le petit monde underground sudiste réuni pour une grande messe sludge et stoner. Avec le bien nommé DOPETHRONE, abrasif et distordu comme jamais, et une belle découverte française : Wormsand.

Dopethrone Black Sheep Montpellier 2019 image credit Krisbet Mendoza

WORMSAND – un jeune groupe prometteur installé près de Monaco- nous a offert un numéro d’équilibriste entre stoner et sludge, une ode au sentiment doom, avec son « je-ne-sais-pas-quoi » de grunge dépressif dans la voix du bassiste. Ceux qui avaient eu la chance de s’y rendre, avaient pu assister à son set au Camargue Sessions, petit festival sympathique avec Mars Red Sky en tête d’affiche au milieu du mois de juin, du côté de Port St-Louis. Il se démarque assurément par son efficace simplicité d’approche, sa maîtrise des codes des genres auxquels ils empruntent, sans toutefois éviter la répétition, perdant leur hargne au passage et quelque peu l’attention du public malgré les qualités évidentes du chant et le côté séduisant de leur son.  Un groupe prometteur, assurément.

Julie Fortunate – Dopethrone image credit : Claire Bidaux, SoundProtest

DOPETHRONE , « le plus sale, le plus drogué, le plus débauché groupe de Sludge actuellement sur le marché » comme nous aimons le dire, entame son set avec  le tonitruant « Snort Dagger », rempli de complaintes sans équivoques pour annoncer les couleurs de la soirée :  « Lame, Speed, Nose, Blead, Yeah ! ».  Le ton est donné et « Transcanadian Anger », leur dernier opus et hommage non déguisé à DARKTHRONE, aura la part belle sur la set-list de ce soir. Et les canadiens ne comptent pas nous décevoir avec un « Planet Meth » qui prend le relais avec son bourdonnement fabuleux de basse, et son riff crunchy de guitare, qui écrasent de son groove ultra-puissant le public du Black Sheep qui commence à peine à comprendre devant quel rouleau-compresseur il s’est installé innocemment avec une bière à la main.  Le groupe enchaîne une tournée phénoménale en Europe, avec un nombre incroyable de dates, et nous avions la chance qu’il ait choisi de passer par Montpellier. Car en effet, leur show est bien rodé, d’autant que DOPETHRONE évolue désormais sous une formule nouvelle. Le groupe s’est adjoint les services d’une chanteuse avec la présence de Julie Fortunate, qui nous aide par ses cris et son jeu de scène rentre-dedans à enfourner illico le train de l’enfer nommé Dopethrone. Leur recette : un mélange audacieux de sludge dirty, avec une célébration permanente des bons vieux BLACK SABBATH, le tout noyé sous une bonne tonne d’effets à la lourdeur psychédélique. On ne peut rater non plus les hurlements de Vincent, le chanteur et guitariste, (qui avait invité Julie à un feat sur ‘Miserabilist » le dernier titre de leur dernier album), lui qui se voit coincé dans un coin de la petite scène du Black Sheep, ce qui ne l’empêche de balancer haut ses dreads en tous sens, de grimacer comme un dément sur « Tweak jabber », qui dérouille définitivement le public montpelliérain, étrangement un peu froid au début du set.

Vincent – Dopethrone 2019 / image credit : Claire Bidaux, SoundProtest

Vincent plante régulièrement sa guitare dans une poutre du plafond bien bas, comme une broche dans un cochon,  en lançant des vieux titres comme « Porcelain God », « Tap runner » et « Dark folk », extraits de l’album Dark folk de 2011, une époque où la basse fuzzée de Vyk faisait déjà des miracles pour convertir les masses à sa prêche malsaine, suspendus à son rythme lancinant et vicieux.  Comme d’habitude avec DOPETHRONE, on a le droit sur scène à une déferlante de bonne humeur typiquement québécoise, et nos amis venus de Montréal lâchent quelques phrases en anglais et en français, réclamant à cor et à cri du whisky pour survivre dans la fournaise qu’est devenue la petite salle en sous-sol du Black Sheep.  Après l’excellentissime « Host », sorti sur un split avec le bien nommé FISTER du Missouri, le sympathique bordel dans la fosse explose encore de joie à l’écoute de l’intro bluesy, et tout en lourdeur weedo-satanique, de « Wrong Sabbath ». Après nous avoir offert notre dose de gros son sludge crasseux et enlevé, avec « Miserabilist », « Scuzzgasm », le groupe décide de nous achever avec ses titres les plus outrageusement baignés dans le vieux fut du rock’n’roll : « Devil’s dandruff », « Scum fuck Blues », et leur dernier tube en date : « Killdozer » ! Dopethrone a toujours eu un feeling particulier, à la frontière du blues le plus sale que vous pourriez imaginer, et nous nous sommes encore une fois laissés piéger avec délectation dans son bain pas très sain de musique des extrêmes.

Dessin : Krisbet Mendoza instagram.com/krisalidav

Tous nos remerciements à l’équipe du Cosmic Cactus Sessions facebook.com/Cosmic.Cactus.Sessions 

Prochain concert : le 28 septembre Black Sheep, Montpellier

CCS #46 Straytones [Psych Garage – UKR] + Custom Nobody [Instr]

STRAYTONES (Psychedelic Garage Rock – Ukraine) CUSTOM NOBODY (Heavy Instrumental Rock – Montpellier)

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