Hellfest – Les concerts les plus marquants… En bien et en mal !

Et voici un premier report de ce Hellfest 2019 (d’autres suivront, sur l’édition 2019 en elle-même en particulier, ainsi que nos photos par thèmes comme chaque année). Pour ce premier article, on s’attaque au nerf de la guerre : les concerts. Comme il n’est pas question de reprendre tous les concerts effectués pour cette édition (pas un grand intérêt), voici donc mon avis pour une sélection des groupes qui m’ont le plus marqué cette année, que ce soit en bien… Ou en moins bien.  N’hésitez pas à indiquer votre avis !

Le concert le plus prenant : Gojira

Pour commencer, j’aimerai rendre hommage à notre Godzilla made in France. Ce soir, Gojira clôture le premier jour du Hellfest sur la scène principale du Hellfest. Pour une fois qu’on les voit de nuit au Hellfest et pour une clôture, on a hâte, très hâte. On sait déjà tous que ce concert va être une très grande claque. Le public trépigne d’impatience… Puis Mario fait son apparition, suivi de Jo, Christian et Jean-Michel. C’est parti pour environ 1h20 de show intense avec Oroborus. Le groupe nous offre une setlist absolument dantesque avec des titres de l’incontournable From Mars To Sirius (Backbone, Flying Whales), du dernier album (Silvera, Stranded, The Cell) et bien évidemment des autres albums qui ont tous marqué, à leur manière, l’évolution du quartet. Gojira fait en particulier la part belle à du vieux, et du très, très bon vieux ! J’ai nommé le mythique Terra Incognita (Clone, Love, Blow Me Away, Terra Inc.) ! Aucun doute, Gojira connaît son public et sait qu’à cette heure là ils peuvent se permettre d’aller piocher dans leurs origines… Il y aura du répondant! Visuellement les images sont fabuleuses et se mêlent parfaitement à l’atmosphère dégagé par leurs riffs puissants et massifs. Le groupe déferle toute son énergie, un show qui va droit à l’essentiel, et sans fioritures : pas de décors, juste eux et nous. Jo nous dira d’ailleurs qu’à cet instant présent nous sommes connectés  au moment présent, et que rien d’autre n’importe. C’est clair ! Le concert se finira sur le fascinant « The Gift of Guilt » tiré de L’Enfant Sauvage. Je suis d’accord avec Ben Barbaud, il faut parier sur eux car ils feront très certainement partie des plus grandes tête d’affiches de demain !

Le concert avec le son le plus propre : Klone

Klone jouait pour la seconde fois sur une Main Stage du Hellfest. Très attendus, les poitevins nous ont servi un set court et diversifié, alternant entre des titres plus ambiants tirés de Here Comes the Sun (Immersion, Nebulous) et des titres plus incisifs (The Dreamer’s Hideaway, Rocket Smoke). Un set à l’image de ce qu’ils font désormais, dans la parfaite continuité de ces dernières années. Klone a fait le choix, pour son dernier titre, de nous présenter un nouveau morceau issu de leur prochain nouvel album (Le grand voyage, sorti prévu le 20 septembre 2019). Un titre qui a reçu un très bon accueil et qui laisse augurer de bonnes attentes pour ce futur album. Et quel son ! Une propreté incroyable digne des albums studios. Clairement cela a bluffé tout le monde et cela méritait d’être souligné. Bravo messieurs !

Le concert de la découverte : Radio Moscow

A vraie dire je connaissais très peu ce groupe que j’avais écouté rapidement en découvrant la programmation. Il s’agit d’un groupe US de rock/blues psychédélique qui officie depuis 2004. Dans le style, et pour ceux qui les ont vus au Hellfest sur cette même scène (ou ailleurs, Bordeaux notamment), ce n’est pas sans rappeler Rival Sons (dommage qu’ils aient été annulés ceux-là d’ailleurs). Du bon vieux rock sous la Valley, avec un tryo qui envoie sans détour et qui défend une solide discographie de six albums. Le public qui s’est massé sous la Valley était conquis et ambiancé ! La Valley continue de nous étonner chaque année et je ne cesserai de la conseiller pour faire de fabuleuses découvertes rock !

Le concert le plus épic : Demons & Wizards

Demons & Wizards, c’est l’union des mélodies de Jon Schaffer du groupe Iced Earth avec la puissance vocale de Hansi Kürsch du groupe Blind Guardian. Un power metal allemand qui n’est donc pas sans rappeler ce que l’on connaît déjà des performances de leurs principaux groupes respectifs.Mais avec un tel talent, les compositions sont de haute volée et on se régale !  Le groupe a connu une période active de 1998 à 2005, puis s’est reformé en 2018. Il a donc une renommée assez mitigée, mais deux albums qui ont été bien reçus par la critique. Beaucoup de personnes au Hellfest étaient donc là pour découvrir le groupe (sur scène ou leur musique). Et ce fut une franche réussite et une belle découverte pour beaucoup ! A quand un nouvel album ?

Le concert le plus mitigé : Dream Theater

Dream Theater c’est le genre de groupe que les uns adulent, et que les autres détestent. Personnellement j’ai longtemps fait partie du premier clan, avant de devenir quasiment indifférent (et sans pour autant verser dans le second clan). Depuis 3 ou 4 albums (même avant l’arrivée de Mike Mangini) leurs albums ne me touchent plus, les titres s’inspirent du passé sans arriver à l’égaler, et leur musique ne se renouvelle pas. Pour autant, je reste très accroché à une bonne partie de la discographie. Cet après-midi Dream Theater nous présente donc une setlist variée, qui met d’ailleurs bien en perspective les nouveaux et les anciens titres. Il y a clairement, pour moi, une nette différence. Et j’ai l’impression, au regard de la réaction du public, que beaucoup partagent ce sentiment. Pour ce Hellfest, leur concert a assez bien représenté ce sentiment partagé puisque la setlist alternait entre des titres récents et d’autres plus anciens (et plus mythiques). C’était donc un concert en demi-teinte mais qui, globalement, m’aura tout de même fait plaisir.

Le concert le plus impressionnant : Architects

Nous sommes samedi soir, Kiss vient de terminer son show spectaculaire et laisse la place aux britanniques qui ont la lourde tâche de clôturer ce 2e jour. On ne sait pas franchement à quoi s’attendre mais nous savons d’ores et déjà que c’est immanquable… Nous n’imaginions pas à quel point ! Nous avons fait le choix de regarder le concert en arrière, quelque peu en hauteur par rapport à la fosse et qui offre une vision panoramique sur les 3 écrans géants et sur la scène. Visuellement c’est hallucinant, depuis 2007, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un tel show. Architects a un énorme jeu de scène et déploie une énergie massive, le son est absolument exceptionnel, et les images diffusées sur les écrans autour de la scène offrent une dimension cosmique et onirique. Ben barbaud a indiqué qu’il souhaitait offrir de grandes conditions professionnelles à des groupes de cette ampleur. C’est réussi, merci Ben. Sans doute l’une des plus grosses claques de cette édition 2019 !

Le concert le plus surprenant : Jo Quail

MYRKUR annule sa tournée estivale en raison de sa grossesse. Qu’à cela ne tienne, le Hellfest nous offre une certaine Jo Quail. Inconnue au bataillon, nous Googlisons le phénomène : violoncelliste londonienne qui ne cesse de produire des albums depuis 2010. Il s’avère même qu’elle aurait ouvert pour At The Gates. Le jeu en vaut la chandelle, nous y allons ! Au premier abord, Jo Quail nous présente une musique très orientée « art moderne » qui nous échappe quelque peu, en distillant des sons étranges et en superposant des boucles musicales. Car oui, les compositions résident dans la superposition de boucles enregistrées. Et au fur et à mesure du show on se laisse porter, ses titres évoluent lentement, envoutent, et s’amplifient. Ses compositions mêlent allègrement la mélodie à l’émotion. Le Hellfest est de plus en plus conquis, comme nous. Jo Quail est une artiste pétillante qui nous offre un monde, son monde, unique. Un OVNI au milieu de cette programmation. Une excellente surprise qui a ravi les festivaliers présents, je crois que même elle ne s’attendait pas à un tel accueil !

Le concert le plus décevant : Sonata Arctica

Sonata Arctica, on aime ou on aime pas, mais c’est quand même un des fleurons du heavy speed du début des années 2000. Les finlandais ont connu une belle ascension, en particulier avec deux premiers albums extrêmement prometteurs (Ecliptica et Silence). Je n’ai pas gardé un grand souvenir des précédentes fois au Hellfest, mais là, c’était vraiment la déception. Seul un titre (« Black Sheep » de Silence, comme de par hasard) parviendra à ravir  plusieurs vieux fans ici. Pour le reste, beaucoup de gens restent statiques, à admirer la tenue sportive et la teinture blonde de Tony Kakko. Les derniers morceaux ne sont pas au niveau, ce n’est clairement plus du speed et ça tire méchamment sur le « gnangnan ». Dommage.

Le concert le plus envoutant : The Ocean

The Ocean, c’est ce collectif allemand qui a distillé depuis 2001 (wahou déjà)  quelques sept albums studios, des EP et de très nombreux musiciens (je ne saurai dire le nombre de dizaines de musiciens qui ont officié dans The Ocean). Le groupe s’est toutefois stabilisé après 2007 après la sortie de Precambrian jusqu’à se figeait pleinement à partir de Heliocentric et Anthropocentric. Le groupe oscille entre divers styles (ambiant, prog, hardcore, etc.) et manie à la perfection l’évolution de ses compositions. Le groupe présente une vaste palette d’ambiances qui ne manque pas d’être retranscrite durant ce concert. C’est parfois incisif et efficace, parfois envoutant, parfois lourd et massif… C’est technique, précis et sans bavure. Très apprécié !

Le concert le plus déjanté : Trollfest… ex aequo avec Ultra Vomit

Commençons par Trollfest ! Ils sont 6, sont complètement déjantés et sont venus au Hellfest pour partager ce grand n’importe quoi. On a eu l’honneur de connaître Trollfest dès le premier album (Willkommen Folk Tell Drekka Fest) et nous avions hâte de voir ce que ça peut donner sur scène. Trollmannen, le chanteur, est donc arrivé avec sa couronne de ballons à sculpter et ses comparses, toutes de princesses vêtues, munies d’ instruments folkloriques incluant guitare acoustique, accordéon, trompette, mandoline et banjo. Ça annonçait déjà la couleur. Trollfest a le talent de beaucoup faire participer son public, ce qui rend le show d’autant plus appréciable parce qu’on y prend part ! Un pit engagé, des chants en chœur, des titres variés et une fabuleuse reprise de Toxic de Britney Spears. Du lourd.

Et donc… Ultra Vomit

Le groupe est passé récemment au Hellfest. On se souvient qu’il avait déjà placé la barre suffisamment haute et, alors qu’il avait joué aux alentours de midi, le public était en venu en nombre comme pour une tête d’affiche de 23h… C’est simple, depuis 2007 on n’avait jamais vu ça. On s’est donc légitimement demandé si Ultravomit pourrait réitérer une telle performance et surtout, réussir à ne pas refaire 2 fois exactement le même show. Et bien pari réussi, on peut dire que c’est une belle bande de déconneurs mais ils ont clairement bossé à fond leur set du Hellfest. Les répliques sont bien préparées, les vidéos sont originales et très drôles (big up à Maithé version black metal), la setlist a été assez bien renouvelée tout en gardant les essentiels… Et comme on est très sympa, on vous met le lien de ARTE LIVE ci-dessous du concert :

 

 

Le concert le plus festif : Dropkick Murphys

Ils commencent à devenir des habitués du festival. Les Dropkick ont  à nouveau débarqué sur la scène du Hellfest pour asséner leur punk/rock/folk/celtique. Comme à chaque fois l’ambiance est très chouette (même si ce n’est pas autant la folie que la première fois qu’ils sont passés au Hellfest) et la setlist est, à mon goût, tout bonnement excellente. Plusieurs titres de 11 Short Stories of Pain and Glory sont joués et cela fonctionne très bien. Mêlé à cela, on ajoute tous les incontournables (Going ou in style, Johnny, I Hardly Knew Ya, I’m Shipping Up to Boston, The State of Massachusetts ou encore l’impérial Rose Tattoo) et on obtient un concert de feu ! Dropkick Murphys s’inscrit désormais dans les valeurs sures de la programmation du Hellfest.

Le concert le plus intense : Lamb Of God

On les attendait avec impatience depuis 2015 et on a été plutôt bien servi ! Bien que le premier titre n’est pas à mon sens le meilleur choix (« Omerta ») pour mettre dès le début tout le monde d’accord, les américains ont rapidement su se rattraper. Randy Blythe (et ses dreads) sont en grande forme, et le groupe a enchainé quelques (512, Laid to rest, Redneck…) L’air de rien, ce géant officie depuis plus de 20 ans et la qualité de leurs riffs ne désemplit pas. Un concert à la hauteur des attentes !

Le concert avec le son le plus sale : Dark Tranquillity

Très franchement j’ai eu beaucoup de mal à apprécier le concert de Dark Tranquillity avec cet horrible son de batterie : une caisse claire qui dégoulinait puis qui est devenue quasi inexistante, de même que les cymbales. Ils ont bien dû mettre 4 ou 5 titres à améliorer le problème mais ce ne fut clairement pas Byzance jusqu’à la fin du set. Dommage, parce qu’en soit le concert était bon. Et comme à chaque fois j’ai apprécié à quel point le chanteur Mikael Stanne est reconnaissant de son public. On sent une vraie sincérité et à chaque ovation on a l’impression qu’il va verser sa larme. Touchant !

Le concert de death le plus séduisant : Allegaeon

Sous la Altar, on est malheureusement assez souvent déçu par la qualité du son, surtout lorsqu’on parle de death. Cela n’arrange rien surtout pour du death old school ou de death technique. Pour autant, certains groupes parviennent à sortir du lot, et ce fut le cas de Allegeaon qui a l’intelligence de manier tant la mélodie, que la technique dans une efficacité redoutable. Et avec une telle précision, des compositions aussi attrayantes, et une qualité de son admirable, on peut dire qu’on apprécie! Beaucoup! Allegaeon vient du Colorado et s’est formé en 2008. Ce sont les poulains d’un petit label indépendant et familial nommé Metal Blade. Le groupe avait mis un gros coup d’accélérateur en 2016 avec l’excellent « Proponent for Sentience ». les voici donc, sauf erreur de ma part, pour la première fois au Hellfest, et quelle mandale! Un concert de haute volée qui m’a réconcilié avec le death sous la Altar.

Le concert le plus ambiancé : Clutch

C’est dimanche, milieu d’après-midi, il fait très chaud, et Clutch a décidé de faire encore plus monter la température ! Quel plaisir de les retrouver à nouveau, et cette fois nous n’avons pas à nous entasser sous la Valley pour chanter «Bang, bang, bang, bang ! Vamanos, vamanos !». Le frontman Neil Fallon mène son show d’une main de maître. Toute la foule danse au rythme de leur rock/blues/stoner si entrainant, ça slame dans tous les sens, les pompiers arrosent à tout va, la bière coule à flot… Une ambiance excellente, tout le monde a pris son pied et c’est très certainement l’un des moments les plus festifs du Hellfest pour un après-midi à 16h! C’était jubilatoire mais beaucoup trop court ! Nous n’avons pas vu la fin arriver! Alors espérons les revoir très vite pour un set encore plus long sur une Main le soir !

Le concert le plus attendu : Tool

La dernière fois que  j’ai vu les américains se produire, c’était le 8 décembre 2006 au Zenith de Nantes. Je crois bien que ce fut leur dernière tournée en France. 13 longues années que Tool ne s’est pas produit en France. Et la sortie d’un album à laquelle les gens ne croyaient bientôt plus tellement elle a été repoussée. Les voici donc enfin à nouveau devant nous et c’est le Hellfest qui nous offre ce fabuleux retour. Tool a été à la hauteur des attentes et a produit un show typique : des images si particulières de leur univers si décalé (leur fameuse « lacrymologie »), un Maynard en retrait de scène, un Adam Jones toujours aussi mystérieux, statique et plongé dans sa guitare, et une musique alliant/alternant l’atmosphère à l’énergie. Du Tool 100% pur jus ! Le quatuor aura parcouru sa discographie (en passant en particulier sur « 10 000 Days » et « Aenima »). Tool nous a également présenté quelques nouveaux titres du prochain album (sortie prévue le 30 août prochain, ndlr) qui semble s’inscrire pleinement dans la continuité de la discographie. Une magnifique clôture de festival ! Le Hellfest a mis la barre à un niveau impressionnant cette année. Et vous alors, vos impressions ?

Credits Photos @ Ruddy Guilmin

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