[ Chronique ] BARONESS – Gold & Grey ( Abraxas Hymns )

C’est le 14 Juin que les Américains de BARONESS sortiront leur nouvel, cinquième, et très attendu album. Ce « Gold & Grey » comme il s’appelle, fait suite au mitigé « Purple » ( 2015 ). Un album qui se voulait une renaissance métallique après l’expérience douloureuse du crash de leur bus lors d’une tournée et l’arrière goût douceâtre d’un « Yellow & Green », sorte de flou artistique au style aussi vaste qu’indéfinissable mais avec de belles émotions et de l’intensité.

Entre temps, La Baronne de Savannah a également perdu Pete Adams, son guitariste aussi créatif que talentueux qui a été remplacé par la tout aussi talentueuse Gina Gleason ( qui a officié aux côtés de Dr. Know des BAD BRAINS, de Jello Biafra des DEAD KENNEDYS mais aussi des SMASHING PUMPKINS ). Bref il y a eu du remue ménage en Géorgie !

Le leader John Dyer Baizley, revigoré par l’arrivée de Gina Gleason, affirme même avoir crée le meilleur album de BARONESS à ce jour, le plus profond, le plus aventureux et le plus abouti. Pas sûr que je sois d’accord après l’avoir écouté…

Aventureux ? Oui, c’est vrai que le groupe s’est lâché, avec pas mal de nouveaux territoires musicaux visités tout au long des dix-sept pistes de « Gold & Grey ». Mais je ne retrouve pas vraiment le côté profond et abouti. L’album part bille en tête avec « Front Towards Enemy »,« I’m Already Gone » et « Seasons ». Les riffs abondent, la rythmique est bien groovy et riche, la voix solide, mais rien de très profond ou de très innovant. On est dans du BARONESS plutôt classique.

Puis on sent le vent tourner, beaucoup d’interludes, de mini-titres pseudo-introspectifs, truffés de mélodies pop-vaporeuses, fuzzy-mielleuses, inachevées. Je me retrouve devant un patchwork de contrastes pas très cohérent. J’espère encore être surpris, entraîné, envahi, mais je ne sais malheureusement pas trop où veut aller le groupe. J’apprécie « Throw me an Anchor », et son riffing rapide, technique, mais il semble également inachevé… 

Par la suite, les traces de rock ou de metal s’estompent encore un peu plus dans une longue séquence réflexive, acoustique et pensive, avec des voix entrelacées ( sûrement inspiré des shows acoustiques que le groupe a donné ). Je ne retrouve plus l’intensité BARONESS, je ne retrouve presque plus de metal ou de rock, bref je m’ennuie ferme.

Au fur et à mesure des albums, BARONESS devient de moins en moins métal et de plus en plus pop rock avec une pointe psyché. Ce qui ne me dérange pas en soi mais ce qui donne ici un album que je trouve lunatique, mal équilibré, bourré de sautes d’humeur, d’idées réchauffées ou mal amenées, et pas très agréable à l’écoute. Je suis franchement déçu et espère profondément que ce sont tous les changements ( cités en introduction ) qui ont contribué à créer cet album en demi-teinte… « Gold & Grey » ? Bien plus gris que doré.

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