[ Chronique ] GAAHLS WYRD – GastiR – Ghosts Invited ( Season Of Mist )

Aussi connu pour ses qualités vocales, ses entretiens excentriques et ses réponses laconiques que pour ses frasques judiciaires, Gaahl est avant tout un artiste accompli aux multiples projets musicaux. Toutes ces légendes qui l’entourent et qui en ont fait un personnage célèbre au sein de la communauté metal, ont malheureusement eu tendance à éclipser ses talents de chanteur, d’artiste et de compositeur.

En effet, après avoir fait ses armes dans TRELLDOM puis dans GORGOROTH mais aussi dans WARDRUNA, on avait laissé le grand Norvégien un soir d’Août 2015 en plein Motocultor alors que GOD SEED annonçait sa séparation. Peu de temps après il lançait GAAHLS WYRD, un nouveau projet, son projet, et non plus celui des autres. Un groupe dans lequel il pourrait enfin laisser libre court à son art, où il pourrait s’exprimer sans contrainte, libre et flamboyant. Quatre ans plus tard, Gaahl revient donc pour nous présenter « GastiR – Ghosts Invited », son premier album…

Alors est-ce que ça valait le coup ?

Oui sans aucun doute. Car même si la musique sent toujours autant le soufre et le tungstène, les vocaux complètement différents du style black monotone traditionnel et surtout l’atmosphère proposée embarquent l’auditeur, le transportent dans un gouffre hypnotique, dans l’antre de Gaahl. Une sorte de vortex, une sombre caverne où se rencontrent les vivants et les morts.

Chacun des huit titres est empreint d’une couleur différente, mystérieuse et mystique. D’une forteresse noire entourée de hauts murs anthracite, on passe aux vastes plaines blanchies par la neige et aux sous-bois nappés de la cendre des feux intérieurs qui se consument inlassablement. Tel un Virgile de la Divine Comédie, Gaahl nous éclaire et nous guide de sa seule voix, flânant dans une ambiance gothique, rituelle et délétère, repérant aussi bien le spectre d’un Bowie que l’ombre des scaldes norrois.

Le Norvégien réussit donc à s’affranchir des codes du black et à nous plonger dans l’imprévisible en ne proposant quasiment qu’une palette de vocaux clairs. Pourtant tout commence avec les cris menaçants et les riffs agressifs de « Ek Erilar » mais l’aspect dark, plus travaillé et plus mélodique va vite s’emparer du reste et baigner l’ensemble dans une tourbe sombre, élégante mais inquiétante, quelque-part entre black atmosphérique et gothique doomy.

C’est d’ailleurs avec des titres comme « Carving the Voices » ou « Veizta Hvevient » que l’on est le plus séduit car ils misent tout sur une atmosphère angoissante et sur une accumulation progressive d’anxiété pour finir en transe mystique. Ce sont ces parties plus ambiantes qui font toute la saveur de « GastiR – Ghosts Invited », lorsque la musique devient une incantation.

Bref, ce premier GAAHLS WYRD est plutôt surprenant ( dans le bon sens du terme ), créatif et extrêmement bien écrit, apportant une atmosphère, une saveur et une richesse nouvelle pour Gaahl. J’espère surtout qu’il n’est que le début de la libération artistique du chanteur et qu’il ira encore plus loin dans l’avenir afin d’acquérir une crédibilité à la hauteur de son talent, de sa passion et de son dévouement à la scène.

 

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