ZOOM sur les thrasheurs CRISIX « On s’est dit, pourquoi on ne descendrait pas tous au milieu du public à la fin du concert ? »

ZOOM sur CRISIX avec Juli (Chant) et Marc « Busi » (Guitare)

A l’aube d’une nouvelle année pour l’ultra-prolifique Crisix, on se dit que les barcelonais s’apprêtent encore à marquer les esprits en 2019. Et pas seulement pour l’esprit déconneur de « Get out of My Head », ou ses hymnes festives comme « Ultra Thrash », qui risquent encore une fois de tout perforer lors de la prochaine tournée 2019 « Leave your home behind ». Nous nous sommes posés avec Crisix pour faire un état des lieux des années passées, bien remplies, avant d’entamer 2019 avec leur calendrier bien chargé, avec deux dates d’ores et déjà annoncées pour la France, une en mars à Angers, et l’autre au Metal Cultures à Gueret, (23), et plusieurs à l’étranger. On revient avec eux sur leurs parcours avec un large éventail d’anecdotes et d’aventures.

La dernière fois qu’on s’était croisé, c’était il y a deux ans à Montpellier en première partie de quatre groupes de thrash devant un public réduit et aujourd’hui vous faîtes l’ouverture sur l’Altar au Hellfest !
Juli – Oui, cela fait pratiquement deux ans qu’on a joué à Montpellier. On a joué seulement trente minutes, avec Suicidal Angels en tête d’affiche, et c’était la dernière date en France, avant d’aller jouer en Italie. On a fait du chemin depuis (sourire).

Crisix est toujours en mouvement, en deux ans, vous n’avez pas arrêté de tourner et faire des dates partout dans le monde. Et notamment, en assurant la première partie de Ice-T avec son célèbre gang Body Count, vous êtes maintenant de bons amis à notre acteur chanteur favori ?
Juli – Oui, il jouait sur la Mainstage du Hellfest 2018, et on a vu que les deux derniers titres. Ils sont énormes, et ils nous ont tellement bien traités durant la tournée avec eux que cela en était impressionnant. Pas seulement Ice-T, mais tous les membres de son équipe qui travaillent avec lui, du jeune gars qui vend leur merchandising au chef de la sécurité. Et il a monté sa petite fille, qu’il vient d’avoir, sur scène à la fin du concert, une vraie famille.
Busi – On a joué avec eux à Londres, et en Hollande dans une salle incroyable, comme j’en avais jamais vu (ndrl. Au Doornroosje de Nijmegen qui accueille aussi des concerts de musique électronique). C’est évidemment difficile quand le public ne te connaît pas, mais il a bien réagi avec notre formule du thrash metal. Et le retour dans les chroniques que nous avons lu après ces dates étaient toutes élogieuses.
Juli – Et Ernie-C, le guitariste de Body Count, a des racines profondes dans le thrash metal, il a vécu ces plus grandes heures. Et il continue d’être à la pointe du genre, il adore Havoc, et comme il apprécie Crisix, c’était une belle opportunité pour nous de jouer pour eux.

Et vous avez continué sur votre lancé avec la Full Metal Cruise ?
Juli – Je n’avais jamais été en croisière, pour ma part, c’était ma première fois.
Busi – Oui une expérience inoubliable. C’est organisé par les gens du Wacken, et c’est un festival indépendant sur un bateau rempli de metalleux de 30 ans, mais surtout de 40 et 50 ans. C’est un public qui apprécie plus le rock’n’roll, et le heavy metal, donc on ne savait pas trop où on mettait les pieds. On ne connaissait personne là-bas. On a été joué et d’un coup tous les personnes enchantés de nous voir, nous demandaient de prendre des photos avec eux.
Juli- Et tous les groupes jouaient plusieurs fois. Nous, nous avons joué notre premier concert dans un bar à l’intérieur, puis nous avons joué à l’extérieur devant la piscine du ferry, et ce fut le plus impressionnant. Jouer, pour la première fois, au milieu de la mer méditerranée, avec le bateau en mouvement. A la fin du show, Albert, notre guitariste, a posé sa guitare et s’est jeté dans la piscine. On est resté quatre jours ainsi à faire la fête.

Ce n’est pas étonnant que votre musique plaise à un public de 40 à 50 ans ?
Busi – C’est vrai que l’on joue un thrash moderne, mais la base de notre influence est le thrash classique, sans oublier que nous mélangeons dans notre recette des plans hardcore, de death metal et heavy metal. Et ce public détecte facilement nos influences.

Et il y a eu ce grand moment en 2017 avec le Metal Days en Slovénie.
Juli- La première fois qu’on a eu cette idée, ce fut au Rockfest à Barcelone, et cela avait très bien marché. On s’est dit, pourquoi on ne descendrait pas tous au milieu du public dans la fosse à la fin du concert ? Au Metal Days, on a fait la même chose, et le public cette fois-ci nous attendait, et ils ont quand même bien halluciné ( sourire). J’étais moi et Requena, l’autre guitariste, sur le dos de deux personnes inconnues du public, et ils nous faisaient tourner et tourner (rire).
Et le site du Metal Days est vraiment spectaculaire. En dehors de tous les groupes que tu peux voir, c’est situé au milieu d’une vallée et de montagnes, avec une rivière au milieu.

Et en septembre 2018, aux Etats-Unis, avec Death Angel et Demolition Hammer
Busi – On avait seulement deux dates là-bas mais l’affiche était trop belle pour la manquer. C’est l’occasion de prendre un premier contact. En Europe, on a à présents plein d’opportunités, mais aux États-Unis, cela reste compliqué. Avec d’ailleurs toujours, les problèmes de visa, ce sont beaucoup de paperasses, et en dehors de ça, si tu as voyagé dans un pays qui a de mauvaises relations avec eux, cela rend ta tâche encore plus complexe.

Sur votre dernier album, vous montrez une vision différente de votre thrash ?
Juli – On est accordé bien plus grave, même si en terme de structures de morceaux on reste assez classique. On a placé au milieu de plans très typés thrash, des petits ajouts qui sonnent un peu étrange pour sortir d’un genre archi-convenu. C’est à nous de délimiter notre propre champ d’actions, et on y travaille.
Busi – On a cherché à développer une sensibilité différente, et a un peu expérimenté pour apporter un peu de nouveauté dans le genre.

Pourquoi ce choix de titre pour un troisième album ‘Against The Odds’ (que l’on pourrait traduire par« Contre la chance » ou « Contre toute attente ») ?
Juli – C’est un peu autobiographique. Cela résume nos dix dernières années , à travailler dur, et à s’acharner comme des fous pour réussir. Et que tous ces efforts valaient finalement la peine. Je crois qu’en 2018, on a été d’ailleurs le seul groupe espagnol à jouer au Hellfest. On a joué à 10h30 du matin, donc cinq minutes avant de monter sur l’Altar, la salle était vide. Et on lance l’intro et d’un seul coup, cela s’est rempli en un clin d’oeil, ce fut incroyable. On voit là pour nous le résultat d’avoir joué énormément ces trois dernières années en France et c’est pour nous l’accomplissement de tant de travail.
Busi – Et aujourd’hui, notre public en France est comparable en terme de présence de publics et de retours positifs à celui de l’Espagne.

 

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