« Quand au Canada, on dit ‘sludge’, on pense plutôt à un mélange de boue et de neige » Interview de Vyk de Dopethrone

 

DOPETHRONE fait partie de ces groupes au délire difficile à décrire car comme nous le confie le bassiste dans interview « Au départ, on était juste un party band ». Reste que sur scène on a droit à une déferlante de bonne humeur typiquement québécoise et de gros son sludge si crasseux et enlevé qu’on ne peut qu’apprécier cet outrage fait à ce bon vieux rock’n’roll ! On a discuté avec décontraction avec leur bassiste lors du Hellfest 2018 afin d’en savoir plus sur eux.

ENTRETIEN AVEC VYK, LE BASSISTE DE DOPETHRONE

La première fois que je vous ai vus c’était au Motocultor, tu te souviens de ce concert ?

– Oui c’était énorme. Avant d’avoir joué aujourd’hui au Hellfest, c’était notre plus gros concert qu’on ait jamais joué. On avait joué avec plusieurs milliers de personnes devant nous et l’ambiance du Motocultor était géniale

Votre chanteur nous a bien mis dans l’ambiance du Hellfest aujourd’hui, en nous incitant gentiment avec cette phrases « get high », c’est un mode de vie pour vous ?

– Quand on a commencé, on jouait dans les salons des maisons ; pour nous c’était un groupe ‘de party ‘, on ne pensait pas aller aussi loin. En gros pour nous, c’était l’occasion de faire la fête et de boire un coup. A chaque fois qu’on répète, on aime bien boire un peu, mais maintenant je fais un peu plus attention, on a tous nos petits trucs en vieillissant, on n’est pas immortel, non plus. (sourire)

Votre musique est lancinante. Votre chanteur a dit sur scène que vous faisiez du ‘sludge dirty’, tu adhères à cette définition ?

Oui, c’est le principe du stoner, et quand au Canada, on dit ‘sludge’, on pense plutôt à un mélange de boue et de neige, comme une référence typiquement québecoise.

Je trouve que vous avez un énorme groove sur votre dernier album, bien plus important que les autres groupes de sludge. Il est d’ailleurs très Black Sabbathien, avec un clin d’œil appuyé à ‘Master of Reality’, leur album le plus psychédélique, en imitant le toussotement d’Ozzy sur le titre d’ouverture ‘Sweat Leaf’ ?

– Oui ça c’est clair, c’est l’influence majeure que chaque membre du groupe approuve. Oui, cela fait partie de notre sens de l’humour. C’est Vince qui a eu l’idée et on a tout simplement décidé de la garder. On ne se prend pas la tête plus que ça. On ne fait pas une thèse à chaque fois qu’on enregistre quelque chose.

Vos influences ne s’arrêtent donc pas aux premiers albums de doom des années 1970 ?

Moi, je suis né en 1979, c’est sûr que cela laisse une empreinte, et notre nouveau batteur lui est encore plus vieux. Il a encore plus connu cette époque. Notre âge, plus notre attrait pour cette période musicale, a un impact direct, cela on ne peut pas le nier.

Pourquoi ce changement de batteur ?

C’est une longue histoire. C’est juste que des fois cela ne marche plus et que les gens et les choses changent en vieillissant.

Quand vous engagez un nouveau musicien, vous cherchez d’abord un pote ou un musicien professionnel ?

C’est un pote. Cela faisait longtemps qu’on le connaissait. Ironiquement, à l’époque, quand notre premier batteur a voulu partir, on lui avait demandé, et il avait refusé. Il joue, du coup cette fois, sur notre dernier album. Vince a surtout composé le dernier album. Il compose de manière naturel, sans filtre, comme je te disais. On a aussi gagné en expérience, et on avait envie de ne pas se répéter. Le changement de batteur a aussi affecté notre style. Après le Hellfest, on va d’ailleurs enchaîné avec notre première tournée américaine. Et comme il y a peu de groupes canadiens dans notre style, surtout à Montréal, le fait de tourner aux États-Unis, a attisé plutôt la curiosité.

J’ai trouvé que Karl, votre nouveau batteur, bouge beaucoup sur scène, et est plein de vie. Vous êtes un groupe qui envoie des ondes positives, et dégage une bonne humeur globale, peut-être parce que vous êtes québecois ?

– Ah non, mais il y a des québécois con, et d’autres sympathiques. Il y a tout sortes de québécois. C’est vrai que même les mêmes groupes locaux ont tendance à être sympathiques, et d’autres sont des groupes plus froids. Pour nous , c’est sans doute lié au faite comme je te disais qu’on a commencé dans des salons pour faire la fête. Ça fait maintenant dix ans qu’on existe. Le dernier album est le cinquième opus que l’on sort, cela fait un album tous les deux ans, pour un groupe qui n’était pas sérieux avant, c’est assez impressionnant, je trouve. Le bateau se maintient bien à flot, alors qu’on est d.i.y. Tout reposait sur nos épaules jusqu’à maintenant, alors qu’on tourne beaucoup et qu’on a notre propre auto-financement, et je sais que tout cela a donné une certaine notoriété au groupe. On est aussi arrivé à l’époque où les réseaux sociaux ont pris de l’importance et on a eu de la chance avec ça, cela nous a aidé à survivre.

Tu connais les québécois de Beyond Creation dont je faisais l’interview au Hellfest ici même l’an dernier ?

Non, mais si c’est du death technique, cela ne m’étonne pas que ce soit des québécois. Là-bas, la mentalité, c’est soit tu fais du death technique et tu es un peu obsédé par la performance ou du black metal ; mais nous on a pris la tangente et on ne s’attendait pas que cela ait du succès.

Le titre de votre album ‘ Transcanadian Anger», est-ce un hommage à Darkthrone qui lui aussi a choisi une trajectoire particulière ?

Oui carrément, mais c’est surtout un clin d’oeil à mon passé, car j’étais avant bien plus ancré dans le black metal. Et ce n’est pas un clin d’œil à Electric Wizard comme certains pensent. Et Darkthrone reste une influence pour moi, mëme les derniers changements et les derniers albums je les adore, même si eux sont plus accès sur la tournée et nous sur le fait de tourner.

 

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