[Chronique de « Sempitern Void »] UNDEAD PROPHECIES vous propose de revenir dans votre cimetière favori, vous asseoir au milieu de votre collection de vinyles de Hellhammer, pour revivre le frisson du death metal (Listenable)

UNDEAD PROPHECIES « Sempitern Void »

Alors que l’année 2018 avait produit de bons albums de death metal (suivez notre regard vers le dernier Hooded Menace et 1914), 2019 voit déjà se pointer sa rangée de nouveaux moissonneurs de riffs old school. L’hommage à CELTIC FROST et toutes les scènes du passé glorieux du genre se fait évidemment entendre dès les premières notes de cet opus, et classe sans doute d’entrée Undead Prophecies dans la famille BLOODBATH comme le petit fils dégénéré. Mais le propos se nuance au fur et à mesure que l’album se dévoile et les influences deviennent si nombreuses que l’on se surprend à jouer à les dénombrer. Il faut dire que Undead aime brouiller les cartes. Vêtus comme des Nazghuls, on ignore encore leurs identités et leur son, à la fois suédois et allemand, envoie des baffes bien sentie dans tous les sens. Chacun percevra sur tel ou tel tel titre du DEATH à la Leprosy ou encore du PESTILENCE sur le très efficace Insidious Manipulations ? S’il s’agissait de chimie, nous pourrions dire qu’il s’agit d’une dilution parfaite de vingt ans d’écoute du death metal, par de très bons élèves, et appliqués à l’étude, qui plus est. L’héritage des aînés comme MORBID ANGEL, OBITUARY, Death est clairement digéré, accepté et respecté. Les groupes comme Undead Prophecies apporte humblement leur pierre à l’édifice de la cathédrale metal, comme avec ce solo inattendu de dandy pervers sur Suffocated Vanity. Un exercice qu’ils vont répéter à foison. Un mi-tempo comme The Souls I Haunt verse dans le même culte que le Eaten de Bloodbath rend au Where The Slime Live des floridiens de Morbid Angel. La boucle est bouclée, et il n’y a plus rien à dire ? Loin d’un sempiternel retour des années 90 comme dans le indie rock, le death metalleux est bien plus malin, il modernise le son primitif de l’époque tout en gardant son empreinte. Undead Prophecies vous propose donc de revenir dans votre cimetière favori, vous asseoir au milieu de votre collection de vinyles de HELLHAMMER (en ayant de meilleurs écouteurs) pour revivre le frisson d’une nuit froide, entouré de spectres grattant leurs six cordes à toute vitesse, suivant la cavalcade d’un batteur enchaîné à sa double caisse. Si Undead Prophecies persiste après leur premier opus ‘False Prophecies’, c’est que cette rétromania a trouvé son public et Death is just the beginning, comme le disait jadis le célèbre label allemand. Pour preuve, Tom Warrior jouera cette année au Hellfest les morceaux de Hellhammer. Et quand retentit l’ultime titre ‘Warhead’, la révérence au pionnier suisse de la scène black et death metal n’est plus déguisé sous aucun apparat, en y rajoutant même les gémissements typiques des premiers guerriers Bathory ou Venom, revenus d’entre les morts nous saluer.

 

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