[ Report ] GARMONBOZIA fête ses 20 ans ! ( part. I )

Il y a 20 ans naquit Garmonbozia : une confrérie de fans de musique extrême prompte à l’organisation d’évènements. De concerts en bar avec affiches photocopiés et flyers manufacturés jusqu’à remplir des salles de renom, cette association a, durant deux décennies, perduré, lutté pour promouvoir, faire connaître et reconnaître sa passion pour les musiques extrêmes. Aujourd’hui, Garmonbozia tient une place de choix au sein du paysage métallique français, organisant de nombreuses tournées et de nombreux concerts un peu partout entre Paris, Nantes, Rennes, et parfois bien au-delà. Le week-end dernier, ils avaient décidé d’investir l’Étage à Rennes, leur ville d’origine, pour fêter sur deux nuitées et avec éclat cette bi-décade. Nous allons donc en quelques lignes, en quelques mots, essayer de rendre compte de ces deux soirées et de célébrer ce fabuleux anniversaire que nous a offert Garmonbozia.

Confondus par nos diverses activités extra-métalliques ( principalement l’action qui consiste à gagner son pain ), nous n’avons pas été en mesure d’arriver à l’ouverture des portes, ratant donc, à notre grand regret, les prestations des Ukrainiens de SOMALI YACHT CLUB et des Rennais d’HEXECUTOR. C’est donc dans une grande précipitation que nous pénétrons une salle parsemée ; découvrant par la même occasion un rez-de-chaussé transformé en mini-metal-market et des murs fraîchement décorés d’une pléthore d’affiches de concert. Cette collection plutôt amusante deviendra d’ailleurs presque un jeu, nous remémorant des souvenirs et retraçant parfaitement la vie métallique française des vingt dernières années.

Mais passons au choses sérieuses ! Car STONED JESUS est déjà sur scène plongeant irrémédiablement l’Étage dans un épais brouillard de fuzz et de stoner aquaphile. L’ambiance est définitivement rock’n’roll avec ce trio ukrainien qui propose, pour l’occasion, un set spécial faisant la part belle à son dernier opus en date, le très bon « Pilgrims ». La voix puissante mais douce d’Igor n’exclue pas des relents sabbathiens, chose qui ne m’avait pas parue flagrante sur l’album. Pour le reste, la basse ronfle et rebondit avec grâce et la guitare se veut tantôt suave, tantôt plus versatile. Le public est en totale adhésion et vibre sans broncher au rythme des « Hands Resist Him », « Thessalia » ou encore « Water Me », « Here Comes The Robot » et « I’m The Mountain » pour ne citer que ceux là. Par ailleurs, ce joli set nous fait pénétrer tout en douceur dans une soirée qui se révèlera haute-en-couleurs.

Avant d’attaquer la suite, nous avions rendez-vous avec la personne en charge des fluctuations entre compte bancaire et hydratation : la barmaid. À peine nos verres pleins que les Suédois d’ENTOMBED A.D. envahissent la scène… On peut le dire : Le gang de Stockholm, avec son death old-school, arrive en terrain conquis. Quand on voit se déhancher sur scène ce bon vieux L.G. Petrov et son énorme capital sympathie au chant, on ne peut rester de marbre. Le bougre livre une prestation vocale, certes linéaire, et très punk dans l’âme mais justement très énergique. Il n’hésite pas à haranguer la foule, souriant, dégoulinant de sueur et secouant sa tignasse clairsemée en rythme. Ultra-classique mais extrêmement efficace, le set d’ENTOMBED A.D. est un très bon moment, le public réagissant vraiment bien aux titres plus récents et pétaradant sur les classiques qu’on attendait forcément ; « Left Hand Path », « Strangers Aeons », « Living Dead » ou encore « Supposed To Rot »… Et hop ! On file goûter le punch !

Il est maintenant grand temps d’aller vader comme on disait à l’époque… Calés au beau milieu de la soirée avec leur collègue d’ENTOMBED A.D., nos Polonais préférés font figure de vétérans avec leur death old-school de qualité. Par ailleurs, cela ne les empêche pas de débouler sourire jusqu’aux oreilles pour une heure de show retraçant une grosse partie de leur longue carrière. D’emblée, on est bien agrippé par le son qui vient stimuler, sans les briser, marteau, enclume et étrier. Le jeu de batterie du britannique James Stewart est impressionnant de maîtrise, il martyrise sa batterie avec une dextérité et une intensité rare. Un style qui attire le regard et offre une des plus grosses performances du week-end. Loin de rester tapis l’ombre, les autres membres du groupe sont eux aussi en forme olympique. Toutes les notes sont jouées au bistouri, notamment les soli partagés farouchement entre Marek Pajak et Piotr Wiwczarek, tous deux véritables chirurgiens ès guitare. VADER vade et s’en donne à coeur-joie, sincère et sans artifice, pendant que le public déchaîne les enfers dans une fosse bouillonnante d’envie et de violence. Malgré plus de trente années à militer pour le death, VADER n’a clairement rien perdu de sa verve et son frontman n’a rien perdu non plus de sa voix vociférante et vindicative. On passe donc en revue « Sothis », « Never Say My Name », « Wings » ou « Epitaph » et enfin « Helleluyah !!! (God Is Dead) », tout au long d’un set ultra-efficace. « Veni Vader Vici » pour reprendre une célèbre locution latine.

Un petit vin rouge et on file voir MASTER’S HAMMER, un obscur ( et à priori culte ) groupe tchèque que l’on a eu du mal à cerner. Sur le papier c’est pas mal, le groupe donne dans le metal à tendance expérimental, légèrement noirci. Sur le live, on est moins convaincu même si le son est bon et que les musiciens maîtrisent totalement leur sujet. Le chanteur-guitariste, avec sa moustache, sa chemise typée asiatique et son chapeau de cowboy affiche un look sémillant mais plutôt bizarre, ressemblant à un Texan pure souche. Derrière lui, on découvre avec stupéfaction un timbalier… Quid de cette personne ?! Il appuie le rythme du batteur mais donne l’impression de sortir de la B.O. de Fort Boyard. Bref, on l’avoue, on n’a pas tout compris même si l’énergie et le son étaient au rendez-vous. Un groupe à creuser ?!

Minuit approche et c’est au douze coups que les mystérieux Belges d’AMENRA font leur entrée… Ce n’est pas la première fois qu’on les voit donc on sait parfaitement à quoi s’attendre et on n’est pas déçu. C’est au son de « Boden » et de ses bâtons frappés que le groupe entame son set. On le sait le visuel sobre est extrêmement important dans la musique d’AMENRA, le groupe adaptant toujours l’accompagnement sonore avec divers clips pour mieux faire entrer le public en osmose avec son univers décharné. Dans cette optique, aucune interaction n’est permise, seule la musique, l’immersion totale et la transe compte. Et c’est d’ailleurs dans cet objectif de transe sonore que le frontman de la formation belge exécute la quasi-totalité de sa prestation dos au public.

Côté setlist, on a droit à deux morceaux du dernier album « Mass VI » avec « Plus Près De Toi (CLoser To You) », et « Daiken ». Pour le reste, on retrouve « Nowena I 9:10 » de « Mass V » mais aussi les classiques « Razorieter », « Terziele » ou encore « Am Kreuz » et « Silver Needle, Golden Eye ». Côté son, c’est énorme, cadré et professionnel. Difficile donc de ne pas se laisser porter par l’énergie et la fougue d’AMENRA, le corps et l’esprit s’abandonnant totalement à la musique synonyme de transcendance, d’émotion et d’expérience. Une heure de performance intense et habitée, tout en nuance de gris. Leur Sludge atmosphérique et majestueux mélange ombres et espérances, nous donne presque l’impression de participer à une messe silencieuse, à une communion entre public, esthétique et musique. Bravo !

Enfin, quelques pipis plus tard, nous plongeons dans la dernière prestations du soir : ENSLAVED. On est ultra-fan du groupe norvégien, on les attend donc de pied ferme. De plus, on sait que pour l’occasion, le groupe a prévu un set spécial « Back To The North » avec uniquement des titres issus de  « Frost », « E », « Hordanes Land » et « Vikingligr Veldi ». Autant dire qu’on va se régaler !

Mais en fait non ! Car franchement le son était horrible !! Mon marteau est tombé sur mon enclume brisant au passage mon étrier qui dans sa chute a explosé mes tympans… Qu’est-ce qui s’est passé ? Je ne sais pas. Les guitares étaient brouillons, la voix de Grutle beaucoup trop forte, les claviers de Håkon inexistant et sa voix sonnait faux. On a même pas tenu tout le concert, c’est dire ! Trop d’attentes entraînant une grande déception, alors nous nous sommes enfuis lâchement, courant obstinément vers les effluves maltés et les divins nectars qui nous ont menés jusqu’à potron-minet…

Partie II à suivre très prochainement…

 

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