Report d’été – Sylak Open Air 2018 – Nos 10 coups de cœurs du festival de St Maurice de Gourdans (Lyon) !

Sylak Open Air,

les meilleurs moments du festival !

Pour sa 8 ème édition, le Sylak s’offre un sold-out mérité au vu de la qualité imparable cette année de sa programmation. C’est une bonne surprise pour ce festival estival qui s’applique à fidéliser une public sudiste mais aussi de vacanciers metalleux près à faire le déplacement. De confidentiel à mainstream, le sympathique Sylak élargit donc son horizon avec des têtes d’affiches qui ont su attirer les foules. Ses avantages ? Un cadre des plus dépaysant, en pleine nature, près du village de Saint Maurice de Gourdans, et une rivière à proximité idéale pour se rafraîchir avant et après les concerts. D’autant que les après-midi, sous un soleil de plomb, ne laissaient aucun répit aux peaux blanches. Le festival a d’ailleurs réagi cette année en installant des mètres de jets d’eau. On craignait à l’annonce du sold-out, à quelques jours des festivités, une affluence encombrant l’espace or les organisateurs ont fait le choix judicieux de préserver la taille modeste des lieux pour accueillir parfaitement son public. Avec comme d’habitude un large panel musical, du folkmetal au death metal, le Sylak rentre dans le top du classement des festival d’été capable d’offrir la meilleure des fêtes metal possible. Qualité d’accueil et esprit festif auront été encore une fois au rendez-vous.

10/ FLAYEDA notre grande honte, nous n’avons découvert que très récemment ce groupe français qui porte haute l’étendard du Heavy Rock’n’Roll. Quand TREPALIUM a annoncé recruter comme nouveau chanteur Renato Di Folco, nous nous sommes précipités pour découvrir au Sylak cette machine de groove aux riffs injectés du meilleur du hard rock teintée d’un son 70’s. Renato se révèle être un pur meneur d’homme, transcendant les époques traversées par sa musique, il soulève le public du Sylak au-dessus du nuage de mousse du vendredi soir. Entre blue électrique et un power rock à la Thin Lizzy , on approche avec cette élégance à la française et ce chant ‘feel-good’ d’une ambiance de stade, tant le son est bon, mais il faut le reconnaître que le public connaisseur du Sylak était déjà chaud bouillant à leur entrée en scène.

PIPES & PINTS Live au Sylak 2018 – par NINA KLAVEL

9 / PIPES & PINTS ( samedi ) L’an dernier, c’était TROLLFEST qui nous régalait de son ambiance festive avec leur folk-progressive. PIPE & PINTS vient donc nous délivrer notre dose de punk rock mixée de folk crasseuse et entraînante. Les punks celtique de Prague ont de l’énergie à revendre et envoient leurs titres comme autant d’hymnes à chanter, danser et boire. Notre joueur de cornemuse des Highlands est déchaîné et enchaîne les sauts, les grimaces et les courses d’un bout à l’autre de la scène. Une heure de set survoltée malgré la chaleur où le chanteur Tomas Novotny ne s’épargne pas non plus. Le punk tchèque a donc de très beaux jours devant lui car il n’y a pas eu que les porteurs de kilt écossais qui ont eu l’air ravis.

8 / ORIGIN (samedi ) Quand débarque sur scène seulement le guitariste et le batteur du groupe américain, après que l’organisation du Sylak ait annoncé qu’un problème d’avion empêchait le reste du line-up d’être présents, c’est un peu le cœur serré qu’on assistait au show de ces monstrueux techniciens du death metal.  Nous avions salué la sortie de leur dernier méfait discographique Unparalleled Universe’ comme l’album de la cohésion entre ces musiciens tous hautement qualifiés. Heureusement, c’est l’énorme Paul Ryan  qui est monté sur scène aujourd’hui, lui qui a hissé par ses incroyables compétences technique de guitariste le groupe à la hauteur de référence du genre. Ce concert exceptionnel au Sylak nous permet de profiter de sa capacité de transformer son instrument en explosions sonores, et de rester estomaqué devant ces avalanches de notes proche de la vitesse du son. Paul Ryan est définitivement une machine inhumaine, mais avec un coeur énorme pour avoir osé monter sur scène dans ces conditions.

7 / BLOODBATH sera une demi déception ce samedi. Ils auront le plus mauvais son du festival, rendant certains morceaux difficilement reconnaissable, démontrant qu’il est sans doute difficile de capter l’essence de ce death ultra-old-school. Mais avec Bloodbath, on est sûr d’une chose : le bain de sang aura lieu quoi qu’il arrive.Grand Morbid Funeral’ leur dernier effort discographique a été mésestimé par la performance décevante de Nick Holme en-dessous de ses prestigieux prédécesseurs . Pourtant quand à l’entame de ce show, on entend toute la qualité d’un titre comme ‘Let the Stillborn Come to me’, on se dit prêt à prier tous les dieux anciens pour le retour d’un Peter Tägtgren ou d’un Mikael Åkerfeldt pour retrouver toute la saveur d’un ‘So you die’, extrait de leur premier album. Ou encore quand retentit ‘Cancer of The Soul’ qui est un hommage non déguisé au ‘Left Hand Path’ d’Entombed, le Saint Graal selon ces musiciens unis aujourd’hui par l’amour du Dieu Death metal. Heureusement, les titres sont piochés largement dans les trois premiers albums qui se sont devenus aujourd’hui des références dans le genre. Le grand Bloodbath ayant annoncé pour octobre un nouvel album pour octobre nommé ‘The Arrow of Satan is Drawn’, avec Nick Holme au chant, il nous faudra espérer que d’ici là nos prières aux grands anciens auront été entendues.

6 / ALESTORM (dim)  qui pourrait penser que ces écossais ne sauraient pas mettre une grosse ambiance pour le show de clôture du Sylak 2018 ? Pas le public de fans quand résonne les premiers accords ‘Keelhauled’, chanson de pirate vantant les mérites du bon rhum. Bonne ambiance dans le pit face à nos gaëls déchaînés donc, qui font face à des gens ivres de bières et de leurs refrains entêtants en dansant partout, en tapant des mains et en s’offrant quelques 150 wall of death et slams. Un sentiment d’enthousiasme global et communicatif qui se ne démentira pas jusqu’à leur dernière note. Le dernier slam a été bien entendu celui du canard en plastique géant, jeté en pâture dans le public mais ressorti en un seul morceau et avec son foie, au milieu des « Yo oh oh! » et des « Hey! Hey! Hey! ». Christopher, leur chanteur, n’essayera même pas de chanter juste tout le temps, et fera des efforts pour baragouiner en français. Des chansons dépassant tous les records à l’ethylotest, un humour exotique comme sur le titre ‘Mexico’, voici pour résumer le cocktail que propose Alestorm ce jour-là pour renforcer son emprise sur le monde metal, tout en restant sur scène tout aussi décontracté qu’au premier jour.

BENIGHTED – par NINA KLAVEL – 2018

5 / BENIGHTED clôtura la traditionnelle fête d’ouverture du festival du vendredi, sous un déluge de mousse. Quand résonne ‘Reptilian’, la folie se propage dans le pit comme la peste, et le public se défoule comme si l’été démarrait en ce premier jour du Sylak. Conséquence directe : le chanteur est obligé de demander une pause au public, le temps de réparer les barrières de sécurité qui n’auraient pas résisté aux assauts des mosheurs, et la mousse aurait généreusement débordé vers la scène. Puis tout s’enchaîne très vite ‘Slut’ est salué comme une hymne de l’ancien temps, et à peine quelques minutes plus tard, on entend le tombereau de riffs issus de l’album ‘ Carnival Sublime’ saigner à blanc, et avec délectation, nos oreilles.

MUNICIPAL WASTE – PAR NINA KLAVEL 2018

4 / MUNICIPAL WASTE (dim) la journée est déjà bien entamée, comme notre consommation quotidienne de bières, quand les américains déclarent ouvert le bal du mosh-pit du crossover-thrash de la journée. Circle-pit incessant, concours de lancé de ballons estampillés ‘sylak’ et un pit transformé en gadoue grise par le jet d’eau de l’organisation. Résultat : des mosheurs ressemblant à des ouvriers du bâtiments, heureux d’être couvert de terres, et pris d’une frénésie de riffs dès ‘Breathe Grease’. Drôle et entraînant, leur chanteur Tony « Guardrail » réclame lui aussi son ballon ‘sylak’ et enchaîne les hurlements comme les blagues légères. Cette récréation pour grand enfant se termine comme elle a commencé dans une tourbillon de danseurs tournoyant et se lançant les uns contre les autres avec le plus grand bonheur sur des titres enchaînés sans répit. La conséquence la plus évidente sera le constat suivant : le lundi matin, un nombre incroyable de t-shirt ‘Municipal Waste, à l’effigie du président américain, trônera comme des trophées sur le sommet des tentes du camping exténué après cette grande fête.

ENTOMBED AD. – par NINA KLAVEL – 2018

3/ ENTOMBED AD (sam)  Mais que fait Tobias Cristiansson, plus connu pour ses faits d’armes au poste de bassiste de Dismember  l’autre mythique combo suédois des 90’s, sur la scène ensoleillé du Sylak aux côtés d’Entombed AD? Est-ce que Petrovn l’indétrônable et unique membre d’origine de la formation d’origine d’Entombed, s’est engagé de maintenir son héritage à flot en rameutant tous ses vieux compères? Sans doute oui, et on ne lui en voudra pas, tant l’Entombed Ad d’aujourd’hui nous régale d’un son parfait et d’une énergie phénoménale malgré le soleil de plomb et la fournaise sous laquelle il joue. Petrov survivra en hurlant ses hits, et maintenant sur le haut de son crâne un gros pack de glace. Sans quitter sa décennie de référence, les 90’s, le groupe maintient son héritage à flot certes, mais parvient à plus que convaincre avec ses fulgurantes cavalcades death metal old-school. On a aussi le privilège de reprendre une dose de leur virage death’n’roll, ce qui nous ramène vers le parfait mélange ‘Wolverine Blue’, à la fois brutal et foutrement vicieux. L’oscar du ‘mentor possédé’ du week-end sera sans nul doute attribué à notre cher Petrov, qui poursuit avec une flamme sauvage et immortelle sa destiné de gardien du death metal à l’ancienne.

ENTOMBED AD. Live au Sylak 2018 -par NINA KLAVEL –

 

AT THE GATES– par NINA KLAVEL – 2018

2/ AT THE GATES  (sam) nous offre la fraîcheur de la soirée avec son Death Thrash venu de Suède. Pionnier et vétéran d’un genre dont il est la quintessence scénique incarnée, il est accueilli avec toute la ferveur due à une telle légende. Le nouveau guitariste Jonas Stålhammar assure la relève avec brio, brillant par ses parties de solos réussies. La seule différence avec le set du Hellfest sera le titre ‘Kingdom gone’, extrait de leur premier album et joué en bonus de ce show comme pour démontrer que dès 1992 il maîtrisait son sujet. Du death à l’ancienne avec un Tomas Lindberg, au chant hurlé si typique, et une musique -sidérant mélange de violence et de mélodie-, avec lesquels les suédois sont aptes à séduire n’importe quel fan de metal, petit ou grand, prêt à s’unir sous la bannière du death mélodique.

SEPULTURA – PAR NINA KLAVEL 2018

1/ SEPULTURA jouera le dimanche, juste avant la tête d’affiche de la soirée, alors que la chaleur est extrêmement lourde. Comme tout le week-end, l’organisateur arrose à gros jets les festivaliers depuis la scène pour prévenir tout malaise. et lorsque que retentit enfin ‘Desperate Cry’ à l’entame du dernier tiers de leur setlit la véritable bagarre dans le pit commence. Les cinq derniers titres enchaîneront les albums mythiques du groupe avant le départ de leur leader charismatique Max Cavalera. Le début du show malgré le combatif ‘I am the enemy’ nous avait laissé dans un état de doute, comme ce quatorzième album de Sepultura ‘Machine Messhiah’. Le charismatique Andreas Kisser lève la main à l’unisson du public quand leur chanteur géant Derrik Green demande si on veut écouter les vieux titres du groupe. Kisser saluera au passage les vingt ans de présence de Green derrière le micro de l’incontournable groupe brésilien. Montés sur une plate-forme, les brésiliens démontrent eux-mêmes que n’importe quels de leurs anciens titres sont dix fois plus puissants que leurs nouveaux. Le diable nous prendra par la queue, et nous nous lançons dans le pit enragé sous un gros jet d’eau continue qui transforme le temps d’un show le Sylak en sauvage jungle amazonienne. Les corps s’entremêlent et fusionnent sur les ultimes saccades d’un ‘Ratamahatta et d’un ‘ Root Bloody Roots’. Démentiel.

DESSINS PAR NINA KLAVEL

Notre article de présentation de cette jeune artiste – à lire ici

Tous nos remerciements à l’équipe du Sylak Open Air –

 

 

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