MOTOCULTOR 2018 : Nos coups de coeur ( Part. 2 )

HANGMAN’S CHAIR

On attendait fortement les riffeurs de l’Est parisien et autant vous le dire, on a pas été déçu… Aussi efficaces en live que sur leur dernier album, « Banlieue Triste » ( cf. notre chronique ), nos quatre suburbains n’ont pas dénoté un seul instant dans la programmation.

Le son est parfait en ce samedi après-midi ( ce qui n’a pas été le cas de tous les groupes ), écrasant mais pas écrasé, clair et puissant. Dès « Naive », on est projeté de l’autre côté du périph’. Le groupe sait s’imposer avec splendeur, avec sobriété et à grand coup de riffs lourds et dissonants. Sans fioritures, sans artifices, HANGMAN’S CHAIR donne juste le meilleur de lui-même, avec énergie et passion.

À l’image du bassiste, tout en nervosité, levant les bras vers la foule et haranguant les troupes avec une tension dans le visage. Il contraste parfaitement avec la douceur du chant de Cédric Toufouti, ce vent de fraîcheur qui vient lisser la bouillie graisseuse de la musique. L’auditoire est comme absorbé, plombé par ces excès de lourdeur et de tristesse, mais il est tenu en haleine par la prestance des musiciens. Comme prévu, la part belle est faite au dernier album avec « Sleep Juice », la poignante « 04.09.16 » ou encore « Full Ashtray » qui clôturera le set sur un discours de Georges Bataille. Après une cinquantaine de minutes, HANGMAN’S CHAIR part sous les applaudissements et devant un public convaincu d’avoir devant lui le meilleur groupe de Stoner/Doom français. De notre côté, nous sommes charmés et étouffés par ces mélancolies et ce sublime désespoir qu’HANGMAN’S CHAIR transpose sur scène avec classe. Bravo !

MUNICIPAL WASTE

Bagarre, alcool et mosh-pit, voilà comment on pourrait résumer : 1/ notre soirée de Dimanche,  2/ le set de MUNICIPAL WASTE !! Habitué des festivals et des beuveries, le groupe joue dans la catégorie crossover-thrash à tendance humoristique. Mais attention !! Qui dit humour, ne veut pas forcément dire musique de piètre qualité. Car MUNICIPAL WASTE reste quand même une machine de guerre sur scène, avec des titres courts mais puissants et surtout beaucoup, beaucoup de « tubes »« You’re Cut Off », « Unleash the Bastards », « Sadistic Magician », « Beer Pressure », « Wrong Answer », « Terror Shark », « Headbanger Face Rip », « Born to Party » et j’en passe ! Tout va à 200 à l’heure et dans tous les sens. Je ne compte même pas le nombre de fois où je me suis pris mon verre sur la gueule. Un show certes sans aucune surprise mais ultra-efficace et drôle. Une très bonne manière de réveiller la foule après 3 jours de fête et de gros son. On en redemande !

ORIGIN

Bon, on va pas se mentir, ORIGIN ne fait pas partie des groupes les plus faciles à écouter… Ça bourrine, c’est brut, ultra-technique et pas toujours des plus inspirés. Mais en live, le groupe peut se révéler des plus intéressants, tant par la performance technique que par l’impact qu’il arrive à mettre dans ses prestations.

Pour diverses raisons, nous avons loupé le début du show. Du coup, on arrive devant un mur de Death et des blasts qui frôlent la vitesse de la lumière. Un bon point, le son est bon. Nous cherchons tant bien que mal le bassiste du regard, il n’est pas présent… Pourquoi ? Aujourd’hui encore je ne le sais pas mais ce n’est pas grave car la tronçonneuse John Longstreth tourne à plein régime et tapisse flegmatiquement la foule de blasts et de double-grosse caisse, pendant que ses petits copains, aussi imperturbables, déroulent le reste. À la guitare, Paul Ryan balance ses doigts de haut en bas et de gauche à droite, provoquant cataclysme et avalanche de notes. Au micro, Jason Keyser ne tient pas en place, parcourt la scène de long et en large, couinant, hurlant et assaisonnant la foule de cheveux et de sueur.

Côté exécution, c’est parfait, c’est endurant et c’est à faire pâlir n’importe quel patient atteint de maladie neuro-dégénérative. Côté moshpit, c’est plutôt burné, la foule s’en donne à coeur-joie et sera même invitée sur scène à faire du « air bass player ». Chirurgical, presque robotique sur album, ORIGIN devient plus organique, plus humain ( même si un peu monstrueux ) sur scène, et arrive à faire vivre ses morceaux, tout en dynamisme et en intensité. Impressionnant !

TURISAS

C’est tard Samedi soir qu’ont été programmés les Vikings finlandais de TURISAS ! Très attendu en terre celtique même si le groupe n’a pas sorti de nouvel album depuis cinq ans ( et après la prestation décevante d’ALESTORM la veille ), nous étions aussi impatients que le public de voir évoluer sur scène la bête scandinave… 

Niveau scénographie, rien à changé depuis la dernière fois que le groupe était venu dans l’hexagone, on a droit à  l’énorme backdrop avec iconographie dorée d’inspiration byzantine. Mais passons car voilà les Finlandais grimés de rouge et noir qui déboulent sur une Massey Ferguscène prête à s’embraser. « The March of the Varangian Guard » et « A Portage to the Unknown » s’enchainent assez vite puis c’est l’acclamation générale lorsque le groupe envoie « To Holmgard and Beyond ». TURISAS maîtrise totalement son sujet, le clavier et le violon s’accompagnent parfaitement, jouant sur le contraste avec la voix mi-barbare mi-aigre-douce de Matthias Nygard et les accords plus bruts des guitares.

Les musiciens, poings levés, réclament les hurlements de la foule. La masse bretonne se meut sous la houle folk, comme poussée par ce souffle venu des terres nordiques. Et l’ambiance va encore crescendo lorsque le groupe entame « Battle Metal » et « Sahti Waari ». La vague humaine emporte tout sur son passage, sauter et bouger est plus que nécessaire si l’on ne veut pas se faire emporter par ce courant folk-métallique. Enfin, le grand final avec la bourrasque « Stand Up and Fight » et l’explosion disco-folk de « Rasputin » soulèvent une dernière fois le public du Motocultor… Conquis ! TURISAS a encore gagné la bataille !

TAMBOURS DU BRONX

Dimanche soir c’est aussi l’heure des surprises !! Et côté surprise, on peut dire que le nouveau show des TAMBOURS DU BRONX va nous régaler. Baptisé « Weapons of Mass Percussion », c’est un projet ambitieux, très axé metal avec pour l’occasion : Franky Costanza ( ex-DAGOBA, BLAZING WAR MACHINE ), Stéphane Buriez ( LOUDBLAST, SINSAENUM ) et Reuno de LOFOFORA.

Pour le reste, c’est du « bidon » avec de la batterie, du chant bien gras et des guitares ! D’emblée, on est un peu flippé parce qu’on se demande comment cela va ressortir sur scène ( surtout que les festivals sont désormais très limités niveau décibels ) mais on est vite rassuré car le rendu est bien là, ça cogne ! Ça vibre dans les cages thoraciques et on en prend clairement plein la tronche. Les titres s’enchainent, chantés tantôt par Stef, tantôt par Reuno, voire les deux ( comme sur « Un Jour De Colère » ). On se régale à voir tout ce joli petit monde prendre son pied et tabasser en rythme les bidons. Nous aurons même droit à une reprise de « Dragula » de ROB ZOMBIE et puis c’est tout…

Enfin ce n’est pas tout mais trop vous en dire serait gâcher le spectacle et le travail du groupe. De plus nous en reparlerons d’ici peu car l’album sort en Novembre et nous avons pu interviewer une partie de l’équipe… Un conseil, allez les voir !

SEPULTURA

Il est plus de minuit lorsque SEPULTURA entre sur scène pour le tout dernier show de ce Motocultor 2018. Le quatuor attaque très fort avec « I Am The Enemy », extrait du dernier opus « Machine Messiah », dont l’artwork s’étale sur un immense backdrop en fond de scène. Comme pour les stars du style, la scène comprend une plate-forme permettant au public d’apprécier les musiciens, que l’on soit à l’avant ou à l’arrière de la scène. Et côté son, c’est aussi très bon ! Ce soir, le groupe va réussir à prendre pleinement possession de ses titres, de la scène et du Festival, pour le plus grand bonheur d’un public qui n’attend que ça.

Andreas Kisser assure le show avec sourire, charismatique. La section rythmique est d’une qualité irréprochable, complétée à certains moments par Derrick Green aux percussions. Un petit intermède viendra d’ailleurs célébrer les 20 ans du frontman au sein du groupe ( plus que Max Cavalera… ). Notre colosse à la voix grave et profonde, foncièrement plus hardcore mais irréprochable, nous remue jusqu’aux entrailles. Côté public, ça réagit plutôt bien… Pogotant, slammant, headbanguant sur les tubes comme « Territory »« Refuse/Resist » ou« Ratamahatta » . Enfin, les Brésiliens seront rejoints par les TAMBOURS DU BRONX pour un « Roots Bloody Roots » d’anthologie ( on en a eu des frissons ), clôturant le festival de la plus belle des manières.

Je vais donc maintenant rentrer dans la « gue-guerre » qui anime les pros et les antis Cavalera. On entend souvent dire que SEPULTURA vit désormais dans l’ombre des divers projets de son ex-leader, mais il n’en est rien. On ne va pas refaire l’histoire, on le sait tous : SEPULTURA a connu un succès immense à l’époque. Mais aujourd’hui, qualitativement, le groupe dépasse largement les performances de son ancien chef, qui a de plus en plus des allures de vieux grabataire obèse à la voix éraillée que du leader charismatique d’un des plus grands groupes de metal du monde. Moins performant sur album, SEPULTURA est assurément un énorme groupe de scène, puissant et plus vivant que jamais. Il a offert au Motocultor un concert d’une heure, sans temps mort, et une vraie performance scénique tout en étant donnant l’impression d’être heureux sur scène ( et non pas de juste faire le job ). Si l’on compare aux piètres performances que les Cavaleras & Cie. nous donnent à voir depuis quelques années, il n’y a pas photo !!

Voici donc la fin de notre report pour l’édition 2018 du MOTOCULTOR !! Merci à l’équipe du festival et à vous tous ! À l’année prochaine ! Macumba 4 Ever !

N’hésitez pas à (re)lire notre partie I

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