Retour au Hellfest 2018 – Le top 12 de Fabien !

Ah le Hellfest… Son ambiance exceptionnel, sa bière à profusion, ses décors pharaoniques… Et ses groupes! Encore une fois une programmation digne de ce nom, avec régulièrement des choix compliqués à faire. Retour sur quelques concerts, en forme de best-of, de top 12 plus précisément, des groupes qui, selon moi, ont rendu l’édition 2018 encore plus unique.

Drakwald – le concert coup de coeur

Le jeune quintet tourangeau créé en 2010 a déjà un palmarès à faire pâlir beaucoup de groupes de la scène hexagonale. Auteurs de 2 albums, ils ont déjà écumé des festivals de renommée (Cernunnos Pagan Fest, Motocultor) et accompagné les piliers du genre (Belenos, Eluveitie, Stille Volk, Ensiferum). Les poulains de chez Dooweet Records avaient la double épreuve de fouler pour la première fois la scène du Hellfest, et de faire le concert d’ouverture de la Altar. Rien que ça.  Très attendus par une foule digne d’une tête d’affiche de la soirée, Drakwald a exécuté un set calibré, puissant et accrocheur.  Le groupe a, sans conteste, excellemment réussi sa prestation avec des riffs death incisifs, des chants homériques, et une ambiance de feu (nous avons même eu le droit au premier wall of death du Hellfest). Bravo messieurs, et au plaisir de vous retrouver au Hellfest !

Benighted – le concert massif

Benighted c’est cette bonne vieille claque bien de chez nous. La dernière fois qu’ils nous ont fait l’honneur de venir au Hellfest, c’était en 2014. Le brutal death à la française, venu de Saint Etienne et qui fête cette année ses 20 ans avec une (très) fameuse discographie sans faille de 8 albums. Rien que ça! Et quelle furie, quelle intensité, quelle puissance… Définitivement un des fers de lance de l’hexagone, et un concert au top.

Meshuggah – le concert le plus destructeur

Impossible de se lasser de la puissance de Meshuggah. La dernière fois qu’ils sont passés au Hellfest, c’était sous la Altar et le groupe avait déployé un show absolument colossal, emmené par des lights sensationnels et une setlist exceptionnelle.

Cette année Meshuggah  jouait à 17h40 sur une Main Stage. Forcément à une telle heure, on perd en profondeur de show. Mais comme d’habitude, à la hauteur, les suédois ont montré l’intensité qui les caractérise, un concert aussi suffocant que jouissif. Et comme en 2015, une setlist parfaite (Born in Dissonance, Rational Gaze, Bleed, Demiurge…). En même temps avec une telle discographie, peu de chances de se tromper. Je rejoins volontiers la présentation du Hellfest qui indique que « chaque album pourrait être réécouté six ans après sa sortie que l’on y découvrirait encore de nouvelles sensations« . Im-man-quable

Steven Wilson – Le concert le plus hors du temps

Il fallait l’oser, le Hellfest l’a fait : programmer Steven Wilson. C’est bien la grande force du Hellfest que d’oser dans sa programmation, et cela fait le bonheur de tou(te)s! Steven Wilson est plus connu pour être le meneur du très fameux groupe de rock prog : Porcupine Tree. Britannique multi instrumentaliste, compositeur d’exception, boulimique de projets… Steven Wilson incarne le talent à l’état pur. Faiseur d’ambiance, il sait emmener son auditeur dans au sein d’atmosphères uniques. Il sait très bien qu’il fait figure d’OVNI dans la programmation, perdu entre Meshuggah et Stone Sour, Steven Wilson annonce qu’il jouera quelques uns de ses morceaux les plus énervés. Entre nous, nul besoin, les amateurs de Steven Wilson veulent du Steven Wilson. Mais heureusement il ne cherchera pas à faire autre chose et le public s’en réjouira… Que dis-je, s’en délectera! Merci au Hellfest de continuer d’oser, c’est pour des moments comme ça que les festivaliers se déplacent en nombre chaque année.

Bodycount – Le concert le plus bad ass

Concert manqué en 2015 pour ma part, impossible de les rater cette année! C’est la Main Stage qui leur fait honneur, à l’époque la War Zone était certainement sous calibrée pour accueillir le gang d’Ice-T. Accompagné de son fils Tracy Marrow Jr, le leader gangsta rap ne vient pas faire dans la dentelle. Encore une fois, une ambiance d’exception au Hellfest où de nombreux metalleux laissent volontiers dévoiler leur penchant pour le rap. Il y a quand même peu de festivals qui peuvent se targuer de programmer une telle diversité.  Les guitaristes Ernie C et Juan of the Dead font groover le festival, Ill Will martèle sur le son lourd de Vince Dennis et Ice-T veille au grain pour que l’ambiance reste à son pic. Toujours aussi incisif et revendicatif, c’est une tempête de rage qui s’abat sur la Main Stage… Jusqu’à un moment de tendresse. Ice-T nous présente sa plus jeune fille, la petite Chanel née le 28 Novembre 2015. Papa enchaînera papa par le dévastateur « Talk Shit, Get Shot« . Tranquille. Absolument pas intimidée par une foule de plusieurs milliers de personne, la petite fera accompagnera son père sur scène, dans les bras de Tracy Marrow Jr. Un concert familial en somme! Qui se terminera par l’incontournable Cop Killer. Une bonne claque!

Tesseract – Le concert le plus alambiqué

Depuis environ 5 ans, le Hellfest s’intéresse doucement mais surement à la scène djent. Chaque année il y a un ou deux groupes qui viennent représenter cette scène spécialiste, fille de la scène prog. Pour 2018 il y avait le leader Meshuggah et les britanniques de Tesseract, difficile de rêver mieux. Ils avaient notamment leur nouvel album « Sonder » à défendre, fraîchement sorti 2 mois auparavant, mais ils n’ont évidemment pas manqué de jouer les incontournables (comme le splendide « nocturne« ). Section rythmique affûtée, polyrythmie, mesures asymétriques, groove, puissance… Tout y était! Une belle prestation sur la Main Stage qui a attiré du monde, on espère que la programmation s’ouvrira encore plus à la scène djent dans l’avenir !

Limp Bizkit – Le concert le plus ambiancé

Alors on aime ou on aime pas, mais il y a bien une chose sur laquelle tout le monde sera d’accord, c’est que Limp Bizkit a une sacrée capacité à mettre une ambiance de dingue. Comme lors de leur dernier passage (en quasi tous points identique), Fred Durst et sa bande ont su galvaniser des festivaliers déjà bouillants. Les titres font figure de classiques, et personne n’y résiste. Entre « My generation« , « My way« , « Rollin » et tant d’autres, tout le monde lâche les chevaux et passe en roue libre. Et même à distance du pit, les mouvements de foule se font sentir. Du lourd en somme !

Memoriam – Le concert du « retour » (ou presque)

Death old school not dead! Karl Willet (chant et ex-Bolt Thrower), accompagné de Andy Whale (ex-Bolt Thrower), Frank Healy (Benediction) et Scott Fairfax (Cerebral Fix). Fondé en 2016, le groupe est né sur les cendres du monstrueux, du colossal, du gigantesque Bolt Thrower.  On ne s’étonnera donc pas que les festivaliers présents sont majoritairement d’anciens admirateurs. Pari difficile à tenir lorsqu’on connaît l’empreinte laissée par Bolt Thrower, et on sent d’ailleurs que le groupe a du mal à s’en désolidariser… Ça sera véritablement le challenge pour l’avenir : sortir de l’ombre du colosse. Parce que là, c’est limite si tout le monde ne s’attendait pas à un concert de Bolt Thrower (ou en tout cas a minima, à une ou deux reprises). Il n’en sera rien Memoriam s’affirme et déroule ses propres titres. Un concert un peu en dents de scie malgré tout, avec une mayonnaise qui a quand même mal un peu de mal à prendre… Mais ils font plaisir à voir et Karl Willet ne boude pas son plaisir. Même si on regrette infiniment Bolt Thrower et que chacun s’attendait un peu à revivre la grande époque au travers de ce show, on aura quand même passé un bon moment.

The Lurking Fear – Le concert découverte

Tenant son nom du roman de Lovecraft, Lurking Fear a débuté en 2016 avec quelques pointures : Andreas Axelsson (ex-Edge of Sanity), Adrian Erlandsson (At the Gates), Fredrik Wallenberg (ex Sarcasm), Jonas Stålhammar (At the gates) et Tomas Lindberd (At the Gates). Vous l’aurez compris le groupe contient majoritairement des groupes du fameux At the Gates (dont je ne taris pas d’éloges vous le verrez) alors on se dit qu’on ne peut décemment pas manquer un tel concert. Véritable hommage au death old school (un peu dans la veine de Bloodbath pour rester dans l’ambiance suédoise) s’alliant avec le death metal moderne. Je n’avais encore jamais pris le temps de découvrir cette formation et le concert est quand même très clairement le meilleur endroit pour cela. Je ne regrette pas, même si tous les titres ne m’ont pas complètement séduit, c’était un concert à faire !

Killswitch Engage – Le concert metalcore from  Massachusetts

Bientôt 20 ans d’existence pour ces américains armé de 7 albums au riffing aussi efficace que tenace. Comme beaucoup de groupes qui sont déjà passés au Hellfest, ils s’offrent cette année la Main Stage. Nous avons eu droit à un show très proche de celui de 2016 (mais on ne va pas s’en plaindre) et la foule n’a pas boudé son plaisir. Les singles se sont enchainés, en passant par l’inévitable « My Curse« , l’excellent « In Due Time« , jusqu’à la très fameuse reprise de Dio, j’ai nommé « Holy Diver« . Killswitch Engage ça fait partie des concerts qui ne cachent pas de surprise et pour lesquels tu es à peu près certain de passer un bon moment. Et ce fut le cas !

Septicflesh – Le concert des habitués

Bon, Septicflesh c’est le groupe qui commence à avoir quelques tampons sur sa carte de fidélité du Hellfest (2008, 2011, 2014, 2018). Mais personnellement, j’adhère énormément à leur show, toujours magistral et écrasant, avec des titres qui prennent vraiment toute leur dimension en live. Septicflesh c’est la puissance à l’état pur. L’an dernier, ils ont sorti Codex Omega qui a été salué par la critique. Leur retour au Hellfest ne pouvait donc que bien se passer (et puis quand on approche les 30 ans de carrière, globalement il y a une certaine sérénité). Mené de main de maître par Spiros Antoniou, le quartet a mené un concert à la hauteur de sa réputation : gigantesque !

At the Gates – Le concert valeur sure

At the Gates c’est le concert sur lequel tu ne peux pas te louper. Leur album ultra mythicolégendaire Slaughter of the Soul leur suffit à remplir une setlist de rêve. 1995, et il n’a pas pris le dixième du quart d’une ride… Les suédois ont tout de même présenter quelques titres de leur nouvel album, mais aucun single n’a été oublié (slaughter of the soul, cold, Nausea, blinded by fear…) Bref une prestation qui met tout le monde d’accord, menée de main de maître par l’incontournable homme à casquette : Tomas Lindberd.

Et vous alors, quel est votre top pour cette édition 2018 ? Dites le nous en commentaires !

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