REPORT : THERION + IMPERIAL AGE + NULL POSITIV + MIDNIGHT ETERNAL @ Le Trabendo, Paris, 16/02/18

Comme vous le savez sûrement, vu qu’on vous en a rabattu les oreilles ces dernières semaines, THERION vient de sortir son nouvel album « Beloved Antichrist ». C’est un opéra rock-métal d’environ 3h30, un projet extrêmement ambitieux, riche mais long ( cf. notre chronique et l’interview ). Il a été composé par le leader et guitariste du groupe, Christofer Johnsson et est librement inspiré par un roman du XIXème siècle, « Une Courte Histoire de l’Antéchrist » de Vladimir Soloviev. L’album a été reçu de manière assez mitigée dans l’ensemble : trop long, trop-trop, trop de superlatif et un manque de tempo, de rythme évident. Néanmoins, cela ne devrait pas gâcher l’expérience de cette soirée car le projet ( et toute sa théâtralité ) n’est pas encore prêt à être joué dans son intégralité. Et comme on savait que THERION a une excellente réputation scénique, nous étions donc forcément intrigués et impatients de voir ce que les Suédois allaient nous proposer ce soir.

Après de longues minutes à se faufiler dans le métro parisien entre les fans d’INDOCHINE et des DROPKICK MURPHY’S ( les deux groupes ayant choisi d’investir la capitale le même soir que nous… ), nous voici donc un peu à la bourre devant le Trabendo… À peine entrés dans une salle remplie mais pas blindée ( tant mieux ) que nous rencontrons la voix destructrice d’Elli Berlin, la chanteuse NULL POSITIV ( on a loupé MIDNIGHT ETERNAL ).

Le groupe propose un show tout en puissance et en groove mais rien de fracassant non plus. Le son n’est pas mauvais, les titres fonctionnent plutôt bien, le public réagit correctement. Mais toute l’essence et l’énergie du groupe résident dans cette front-woman peinturlurée et dans son chant entre grognements métalliques et passages clairs évidents. Elle est la meilleure vitrine, la valeur ajoutée et à peu près la seule chose à retenir de ce groupe qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Place maintenant à IMPERIAL AGE ! Alors qu’en retenir ? Une horde de Russes versant également dans l’opéra lyrique à tendance heavy. Fort de ses deux nymphes-chanteuses et d’un nouvel album baptisé « The Legacy Of Atlantis », le groupe investit la scène armé de ses plus beaux atours… Le son est plutôt bon même si forcément en deçà de ce que va proposer THERION par la suite. 

Le chanteur principal, Osipov, en fier kozak, tient bien son rôle avec sa voix d’opéra très claire et très puissante. Les chanteuses, Anna surtout et Jane dans une moindre mesure viennent apporter douceur, charme et un peu de variété. Ce que l’on peut regretter c’est principalement le fait que leur style soit clairement calqué sur THERION, en plus slave certes ! Mais pour l’occasion, on avait « les vrais » juste après… Une performance qui sonne un peu en demi-teinte pour nous, même si IMPERIAL AGE livre une prestation de qualité ( et que l’on compte bien surveiller l’évolution du groupe ), elle sera immédiatement éclipsée par celle de la bande à Christofer Johnsson.

À peine le temps de se délecter de quelques verres de vin rouge et voilà que les rois de la soirée déboulent sur les planches d’un Trabendo soudainement plus corseté. Chapeau haute forme vissé sur la tête, petite lunettes noires et costume doré, Christofer Johnsson arrive nonchalamment sur scène alors que les premières notes de l’excellent « Theme Of Antichrist », premier extrait de son opéra-rock, résonnent. Premier constat, le son est bien meilleur que les groupes précédents, le groupe est tout de suite en place et semble bien en forme pour nous asséner ses plus grands tubes !!

THERION, en promotion, va dans la première partie du show nous faire découvrir quelques titres de « Beloved Antichrist » dont notamment « Night Reborn », « Temple of the New Jerusalem » et « Bring Her Home ». Le tout est évidemment entrecoupé de titres déjà bien connus du public :  « The Blood of Kingu », « Lemuria », « Nifelheim » entre autres. En somme, nous avons ici un bon mélange de nouveau et d’ancien qui semble plaire à un auditoire à priori déjà habitué aux sonorités lyrico-heavy du gang de Stockholm…

Au niveau des musiciens, on retrouve l’inénarrable et charismatique Thomas Vikström, égal à lui-même, toujours très enjoué et théâtral.  Mais aussi, Chiara Malvestiti et sa voix d’opéra classique qui restera un peu en retrait pendant le show et surtout la très énergique voire féroce Linnéa Vikström ( la fille de Thomas ) qui fait vraiment le lien entre les deux autres chanteurs, tantôt plus heavy, tantôt plus classique. D’un autre côté on a toute la section rythmique extrêmement carrée dont le souriant Christian Vidal qui a ravi nos oreilles avec des leads percutants.

Presque deux heures de show plus tard et pas moins d’une vingtaine de titres joué ( on en a pour notre argent ). Le groupe a bien distillé son mélange unique entre éléments métalliques et classiques, une performance magnifique parfois plus théâtrale que métal mais qui reste relativement classique de THERION, le tout avec un feeling d’enfer entre les musiciens et une exécution parfaite. Après les rappels « The Rise of Sodom and Gomorrah » et « To Mega Therion », le groupe quitte la scène sans même nous gratifier d’une petite sucette à l’anis ( snif ) !! Un joli spectacle mais qui nous laisse un peu sur notre faim car on a vraiment envie de voir cet opéra joué en intégralité. La prochaine fois sûrement !

 

 

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