INTERVIEW de THERION : Christofer Johnsson dévoile en détail « Beloved Antichrist », son Opéra-Rock…


À quelques semaines de la sortie de son opéra-rock et de sa venue en France, nous avons eu la chance de poser quelques questions au leader des mythiques THERION

Julius : Tout d’abord, bonjour, je voulais te dire que je suis très content que THERION reviennent sur le devant de la scène et en plus avec un Opéra-Rock… D’ailleurs Tu peux expliquer un peu le projet ?

Christofer Johnsson : À la base j’avais envie de faire un « Jesus Christ Superstar » version THERION sauf que le personnage central serait plutôt l’Antéchrist. Une sorte d’opéra-rock, je voulais vraiment garder le côté rock mais avoir les voix d’opéra, un vrai mélange de heavy, de rock et d’opéra en somme. D’autant plus que le but est d’amener ce projet sur scène, avec toute la performance théâtrale qui va avec. C’est le but ultime de « Beloved Antichrist ».

Aujourd’hui, THERION s’apprête à réaliser une version audio de cet « opéra », tout comme il existe une version audio de « Jesus Christ Superstar ». Pour nous, c’est un peu comme sortir la B.O. avant le film. Si nous le faisons dans ce sens c’est aussi une question économique… Nous allons donc le sortir sous forme d’album normal avec toute la promo qui va avec puis assurer la tournée dite « normale » à partir du 1er Février. Nous ne jouerons que quelques chansons du projet. Pour ce qui est du projet théâtral en soi, il ne devrait voir le jour qu’à l’automne ou l’hiver prochain si tout se passe bien. Je n’ai jamais fait un truc pareil, je ne sais pas du tout le temps que ça prend à mettre en place, à gérer toute l’infrastructure qui va avec etc…

As-tu déjà tout en tête ? As-tu déjà des pistes pour le réaliser ? Vois-tu déjà les décors et les costumes ?

Évidemment j’ai énormément d’idées mais je ne sais pas encore comment ça va se dérouler… Tu sais, je sais gérer un show heavy ou rock, mais je ne suis pas metteur en scène de théâtre ou d’opéra… Alors je vois deux options pour y arriver : la première serait de trouver un promoteur qui serait intéressé par le projet et qui aurait avec lui toute une équipe qui saurait comment faire marcher tout ça. Ce serait d’ailleurs la meilleure solution parce qu’ils savent combien ci ou ça coûte etc…

La seconde serait plus compliquée… Je devrais tout faire moi-même ! Il faudrait que je trouve un metteur en scène, des costumiers, des décorateurs et toute la logistique. Si je prends juste l’exemple des voix, il y aura sur scène 15 chanteurs et chanteuses, qu’il faudra nourrir, loger, maquiller, il faudra s’occuper de tout ce petit monde là… C’est vraiment une très grosse logistique, une grosse compagnie, un gros projet donc je voudrais vraiment essayer de trouver un promoteur pour m’aider à mener ce projet car je veux vraiment, vraiment que ça se fasse !

N’est-ce pas un projet trop difficile à vendre ?

Non car je suis convaincu qu’il y a un gros potentiel, je pense que l’histoire et la musique sont vraiment bonnes.

Je voulais dire par là, quand tu as présenté le projet à ton label, Nuclear Blast, quelle a été leur réaction ?

Oh ! Ils ont l’habitude, ils me prennent déjà pour un cinglé genre « Hey ! Christofer veut faire un opéra-metal, Christofer veut sortir un double concept-album, Christopher veut sortit deux albums en même temps ou Christofer veut sortir un album de reprises de chansons françaises des années 60… ». Ils ne sont plus choqués, ils ne sont jamais choqués en fait, c’est ce que j’aime avec le metal et avec mon label. Ils m’écoutent toujours, me donnent leur avis, s’engagent ou pas, mais je reste vraiment libre de faire ce que je veux.

Par exemple, quand je suis venu voir Nuclear Blast avec les « Fleurs du Mal », ils m’ont dit qu’ils avaient besoin d’un accord écrit de tous les artistes et de tous les compositeurs qui avaient écrit ces chansons, c’était très compliquécar beaucoup sont morts ou très vieux, il faut donc passer par leurs enfants, leurs familles, par des avocats etc… Là, ils m’ont dit qu’ils n’étaient pas prêts à faire tout cela et m’ont conseillé de le sortir moi-même, ce que j’ai fait ! Mais ils m’ont écouté et m’ont conseillé… À chaque fois que j’ai eu une idée de taré, ils ont dit oui sauf pour « Les Fleurs du Mal ».

Comment as-tu travaillé pour en arriver là ? Combien de temps t’a pris l’écriture complète du projet ??

Ça fait un moment que je suis dessus… Je crois que j’ai dû commencer à penser à écrire un opéra en 2001/2002 ou peut-être même 2003. Mais je n’ai pas réussi à le finir, j’avais réussi à en écrire les principaux titres, « les high lights », la trame. Mais j’ai galéré à en écrire les ponts, les liens entre ces différentes parties. Puis ça a traîné, je suis parti sur d’autres idées, d’autres albums, j’ai même déjà repiqué des riffs que j’avais composé pour l’opéra… « The Blood Of Kingu » sur « Sirius B » est en partie tiré des prémices de mon opéra. Alors après « Les Fleurs du Mal » en 2012, je me suis dit : « Christofer, il faut que tu finisses ton opéra ». J’ai donc repris ce que j’avais déjà composé et j’ai commencé à réarranger tout ça.

Je n’ai pas lu « Court Récit sur L’Antéchrist »,  le livre de Soloviev sur lequel « Beloved Antichrist » est basé mais je sais que tu en as transformé une grande partie, pourquoi alors ne pas avoir écrit ta propre histoire ?

Tu sais ce n’est pas facile d’écrire, je veux dire ce n’est pas si facile que ça d’écrire une histoire qui tienne la route… Honnêtement, je suis un musicien, je crée de la musique mais je ne suis pas un auteur. Je voulais au début mais ça s’est révélé extrêmement difficile, je ne pense pas que je pourrais écrire LA bonne histoire. Par contre si j’ai une bonne histoire, je pense que je suis capable de l’améliorer.

C’est aussi pourquoi, tu peux le remarquer, il y a beaucoup d’opéra qui sont tirés de contes populaires ou de grandes pièces de théâtre… Je pense à « Roméo et Juliette » par exemple ! Regarde, même Richard Wagner s’inspirait de grandes oeuvres comme avec « Le Hollandais Volant », ou avec « Der Ring Des Nibelungen » où il revisite la mythologie nordique. Il y a aussi « Lohengrin » qui reprend la légende de Parzifal etc… À la toute base, je voulais partir du roman « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov mais je me suis rendu compte que l’histoire était beaucoup trop fantastique pour tenir dans un seul et bon opéra. J’ai donc dû trouver quelque chose de plus court et de plus simple, ce texte était donc parfait pour moi.

Le projet est ambitieux mais au final c’est vraiment un opéra-rock. Musicalement c’est assez varié, on a du rock, du symphonique, des choses plus heavy… des choses qui sortent un peu de l’ordinaire de THERION Je pense notamment à « Dagger of God » ou « Jewels From Afar », comment as-tu travaillé ces titres, quelles ont été tes influences ? 

« Jewels From Afar » a originellement été composée, en tout cas pour le riff principal, en 2007 ou 2008 mais je n’avais jamais réussi à en faire un vrai titre, ce n’est que récemment en le retravaillant que j’ai réussi à en faire du THERION. Pour « Dagger Of God », j’ai réussi à en faire du THERION mais il y a ce piano, cette vibe qui sonne très BEATLES ou ABBA enfin quelque chose de très 70’s, ce titre a été écrit au tout début du projet. Tu sais, je pense que sur un projet qui dure plus de 3h, tu te dois de varier les plaisirs, tu ne peux pas écrire tout dans la même veine, dans le même style…

J’ai écouté « Beloved Antichrist » en entier et plusieurs fois, puis juste certains morceaux, et c’est ça que je trouve bien c’est qu’on peut l’écouter en entier mais aussi juste en extraire des titres, ça passe très bien. Ça risque d’être plus facile pour toi de les inclure dans la set-list…

Pour cette tournée, on ne va jouer que 4 titres de « Beloved Antichrist », les 4 que nous aurons sorti avant de partir sur la route. On va faire comme si c’était simplement un nouvel album. Certains de nos fans n’ont pas aimé « Les Fleurs du Mal » alors si maintenant on débarque avec un opéra complet… Certains attendent de nous voir sur scène avec tout nos titres, certains attendent un nouvel album depuis 2012 maintenant !

Je crois qu’on a fait le tour, je te laisse le mot de la fin…

Merci à toi, j’espère que l’opéra plaira, que les gens s’intéresseront au projet et que l’on trouvera un moyen de le monter sur scène ! Cheers !

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