Rencontre avec Deficiency- le groupe français de Melodic Thrash Metal !

Pour la sortie de son troisième album « The Dawn of Conscioussness », le groupe français DEFICIENCY poursuit sa progression qualitative entamée par son prédécesseur « The Prodigal Child » plaçant la barre haute en terme de Melodic Thrash Metal. Vianney Habert (basse) est un mec plutôt cool : notre conversation sur ce nouvel album en ayant été interrompue par un autre interview, il a proposé de poursuivre notre échange au bord de la piscine du carré vip du Hellfest. Loquace et passionné, il a partagé cet instant avec plaisir – pour décortiquer son travail de guitariste et ses réflexions sur le milieu musical.

DEFICIENCY – INTERVIEW

 

En tant que groupe français, qu’a représenté pour vous la signature chez Apathia Records ?

Avec notre premier album, nous étions sur un label indépendant tenu par un ami qui a fait un excellent travail. De même, on a plus ou moins enregistré chez un ami  – avec la meilleur qualité possible. Je n’étais pas dans le groupe à cette époque. Je suis arrivé à la fin de l’enregistrement du premier opus. Quant on a sorti le deuxième album par contre on a mis la barre plus haute, avec des compositions encore plus intéressantes et une volonté d’aller de l’avant. Donc c’est pour ça que grâce à nos connaissances et nos contacts, on s’est orienté vers David Potvin et son studio. Par contre au niveau de notre structure, on était encore sur le même label indépendant. C’est vrai que pour le troisième disque, autant on a repris David pour le studio, autant on a eu l’occasion de progresser en passant chez Apathia qui a plus de contacts et possède une structure plus grande pour nous ouvrir encore plus portes. On avait démarché quelques structures mais le deal le plus raisonnable pour nous restait celui d’Apathia Records. On s’est arrangé pour avoir un accord qui nous permettait de n’avoir aucune prise de risque pour chacun des deux parties.

 

Aujourd’hui vendre sa musique pose problème ?

Exactement, c’est un marché ultra saturé. Les gens ont une façon différente de consommer la musique. Dans le flot d’albums qui te passe devant, tu écoutes un album sur dix, en écoutant un titre tu n’as même pas le temps de retenir le titre et tu passes au suivant. Et au final, ce sont plus les plateformes qui sont les bénéficiaires que les artistes.

Votre 3ème album ‘ The Dawn of Consciousness » est un concentré de Melodic Thrash Metal avec pas mal d’influences américaine, non ? Gardez-vous d’après toi malgré tout une ‘french touch’ ?

On est musicien et on fait avant tout ce qui nous plaît. Nous avons notre propre son et la voix de notre chanteur qui n’est pas forcément très typique vu qu’il alterne entre chant et growl- fait que nous sommes reconnaissables. Cette étiquette de « thrash mélodique » on se l’est un peu auto-collé. Le thrash évoque trop souvent le old-school, alors que mélodique fait penser à du death melodique. Et on a réellement toutes ces influences : comme MEGADETH, mais on suit aussi le courant actuel en écoutant aussi bien SOILWORK et DARKANE. On a un mélange d’influences qui nous a amenés à ce son.

Votre évolution musicale est importante depuis vos débuts (2011), que penses-tu de carrière d’artiste comme celle d’OPETH ?

La progression de OPETH est inqualifiable. Avec le chef d’œuvre ‘metal progressif’ de ‘Ghost Reveries’ c’est l’album le plus cohérent, avec des titres tellement imparables…On les a croisés au Motocultor 2015, au moment de partir du site. C’est un groupe mortel. Même si j’ai accroché à ‘Heritage’, je n’ai rien retenu de ‘Sorceress’. Akerfeldt a apporté énormément au metal.

 

 Est-ce inévitable pour un musicien ou un groupe d’évoluer dans ce sens. On perd son identité en route ? Ou comme le cas de GOJIRA on réussit parfois à la préserver ?

Si tu écoutes de GOJIRA ‘Remembrance’ sur leur deuxième album et ‘Shooting Star’ sur leur dernier, je pense qu’ils ont gardé leur identité, mais ils ont changé de style, et ils ont sû ne pas faire tout le temps la même chose. Ce n’est pas pourtant qu’ils ont craché sur leur passé, ‘Shooting Star’ reste du GOJIRA, et même si techniquement il y a un fossé énorme qui a été franchi. C’est dans ce sens là qu’on réalise nos compositions. Mais si tu mets un album de SLAYER, au bout de 20 minutes, tu réalises que le 6ème titre est bon mais identique au premier. Je caricature un peu la chose, mais tu vois ce que je veux dire ? On s’efforce d’avoir un album qui a non seulement un concept mais une continuité. Chaque morceau doit avoir sa somme d’influences, tout en permettant de différencier les morceaux. Après un des premiers groupes que j’ai écouté était SLAYER, et j’apprécie beaucoup leur dernier.

Au cours de ces dernières années, quelle a été la plus belle expérience humaine que la musique vous a apportés ?

Avec les membres du groupe, quand on a fait une tournée en Espagne avec ANGELUS APATRIDA, SUICIDAL ANGELS, et des premières parties remarquables avec MACHINE HEAD, TESTAMENT. Partagé tout cela ensemble a été le plus grand des plaisirs. On a eu de très belles rencontres. Un groupe est un peu une fraternité, ce qui forge des liens.

Que vous a apporté le travail de David Potvin de LYZANXIA ? Lui même bénéficie d’une expérience internationale.

Il a beaucoup tourné, et en studio il a pu beaucoup nous apporter. Il a une objectivité qui permet d’avancer. Le troisième titre de l’album à la base ne devait pas être dessus. On avait fait quelque chose comme BULLET FOR MY VALENTINE, cela faisait trop basique à mon goût. J’ai dit à Laurent qu’on avait un autre riff et un bout de morceau de 1.30 qui déchirait bien plus. Or en arrivant en studio, David nous a fait viré le riff qui nous a fait reprendre ce morceau. C’est là que la production peut avoir un impact énorme sur la musique. Pour l’album précédant, on a un riff assez ‘shreddé’ sur 32 mesures. A la base, Laurent avait enregistré du chant là-dessus, et après il y avait un autre passage plus rythmique. Notre producteur a pris la ligne de chant et la mise sur le riff rythmique, et c’est devenu la version définitive de notre morceau et cela sonnait dix fois mieux avec un tout autre esprit.

Quelles sont les projets du groupe pour cette année, à l’internationale ?

Pour l’international, on est sur des pistes pour l’instant. On est pas loin de la Suisse et de l’Allemagne donc on prendra tous les plans. Fin juillet on tourne par chez nous, et comme pour le précédant album, on va refaire la ‘Hexagone Thrash Alliance’ avec ARCANIA. Et là on repart en octobre et novembre avec ARCANIA et MALKAVIAN. Tu sais, le batteur de Malkavian est un fou ! Quand tu arrives à 14h dans les loges il est déjà entrain de s’échauffer, et quand tu reviens à 21h il est toujours là à s’entraîner, et sur scène c’est un monstre. On se voit là-bas ?

 

 

 

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