MASTODON – Emperor Of Sand ( Reprise Records ) en deux chroniques pour vous aider à plonger dans ce MASTODON mouture 2017

En deux petites chroniques, nous allons vous aider à plonger dans ce MASTODON mouture 2017, à vous forger une opinion sur ce voyage initiatique, cette traversée du désert d’un vagabond puni de mort, « L’Empereur de Sable ». Une oeuvre qui se veut une fois de plus cathartique, une métaphore du cancer qui a touché des membres de la famille du groupe durant ces dernières années.

Par Julius [8,5 / 10]

« Étonnamment » me direz-vous, sur ce nouvel album, MASTODON fait du MASTODON. C’est à dire du riff aux mélodies biscornues facilement assimilables, du solo décomplexé et des tubes aux refrains imparables comme « Sultan’s Curse », « Steambreather » ou encore « Show Yourself ». Mais il en ressort aussi des choses plus complexes, plus profondes et émotionnelles qui collent tout à fait à l’aspect cathartique de l’œuvre comme avec « Jaguar God » ou « Clandestiny » 

Ce qu’il faut tout de même garder en tête c’est qu’ici MASTODON même si il ne « choque » pas son auditoire réaffirme son unicité de par sa musique reconnaissable entre mille. Et cette unicité passe également par le trio de voix « ratpack » qui s’élève de la boue sludge. Un magnifique alliage fait de rock puissant, tempétueux mais toujours « sucré » voire suave, notamment la voix de Brann Dailor ( batterie ) que l’on retrouve ici omniprésent et bien moins hésitant, vraiment clair et apaisant.

Entre douceur et force, MASTODON se rapproche de la perfection en essayant de mêler les racines psyché-épiques conceptuelles de « Crack The Skye » ( 2009 ) au virage heavy-rock efficace de « The Hunter » ( 2011 ). Dans cette droite lignée, nos américains réussissent à fusionner ces deux approches entre le progressif du sludge et la puissance du rock.  Au final, « Emperor Of Sand » est un bon résumé de ce qu’est MASTODON avec toutes ses émotions et ses contradictions, authentique et humain avant tout.

 Par Sly [7,5/10]

MASTODON est certainement aujourd’hui un des groupes les plus influents de la planète. Participant au renouveau du metal, le groupe d’Atlanta a apporté en seize ans de carrière une haute influence psychédélique à un genre qu’il a décloisonné. Après le récréatif et jouissif morceau pop-metal « Show Yourself » dont on ne lasse pas, « Sultan’s Curse », le titre éponyme, ressemble à du déjà entendu. En fait, il nous plonge dans le bouillon mélodique dont l’efficacité imparable est la marque de fabrique de notre léviathan.

Quand le 3ème titre « Precious Stone » renoue avec le tortueux labyrinthe de l’album « Crack the Skye », on comprend que pour MASTODON, l’heure de la synthèse, voire du bilan, a sonné. L’album « Emperor Of Sand » pourrait être le fruit de toutes leurs explorations et évolutions, mais est-ce pour autant le mariage parfait dont on pouvait rêver ?

Avec onze titres, oscillant en permanence entre psychédélisme rock et metal expérimental, MASTODON fait parti de ces groupes dont on ne peut juger que sur le long terme les mutations internes. Certes, entre sa singularité, ses refrains resplendissants et ses nouvelles terres rêveuses explorées, MASTODON refuse l’itération de précédents albums. Sa sincérité entière envers ses auditeurs se reflète dans sa musique marquée par les épreuves de la vie. Et il se lance une nouvelle fois dans une quête insensée d’une musique hallucinée aux frontières des genres. Certains seront aptes à ce vagabondage sensoriel, d’autres ne saisiront sans doute pas l’ivresse de ce metal neuf à la croisée du progressif et du psychédélisme. Choisissez votre camp !

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