SWANS – The Glowing Man ( Young God Records ) note: 9/10

Cover

Après un mois de Juin des plus chaotique et disons chahuté, la nouvelle du retour de Michael Gira et SWANS sur le devant de la scène ne peut que présager un été sous de meilleurs hospices. « La bande à Gira » étant, pour moi, ce qui se fait de plus cultissime dans tout ce qui touche de près ou de loin au rock expérimental!

Je ne vais d’ailleurs pas tourner autour du crachoir trop longtemps : Si on aime SWANS, on sait que « The Glowing Man » ne peut que devenir une pièce maîtresse de la discographie du groupe… Si on ne connaît pas et qu’on veut tenter l’expérience, il faut au préalable se sortir de la tête le rock dit « de base » (vous savez cette chanson type refrain-couplet-pont etc…), écouter cet album « religieusement » puis essayer de découvrir/comprendre ce qu’est ou peut être le rock’n’roll lorsqu’il s’affranchit de l’aspect commercial traditionnel et qu’il retrouve ce grain de folie et cette liberté de ton et de style qu’il est sensé représenter.

Mais revenons à nos moutons. Cet album clôt une trilogie entamée en 2012 avec « The Seer » et suivie avec « To Be Kind » en 2014. Nous avons donc ici affaire au dernier volet indissociable des deux autres et musicalement cohérent. À l’écoute, on retrouve immédiatement l’inénarrable patte du maître Gira et son rock jusqu’au-boutiste et singulier. Sous couvert d’expérimentation avec des riffs aériens basés sur la répétition, SWANS n’hésite pas à mélanger pêle-mêle la folk, le post-rock, la noise, l’ambiant et même le drone dans de longues et lentes progressions sonores: trois plages de plus de vingt minutes, deux avoisinant le quart d’heure, etc… Le tout est ponctué de-ci de-là de pièces plus courtes comme de petites respirations qui offrent un relief encore différent à cet album.

Bien évidemment, la musique proposée sur « The Glowing Man » reste profondément ancrée dans le rock mais revu et passé à la moulinette SWANS c’est à dire totalement « psychédélique » et tourmentée, entre contemplation et délire « assourdissant ». Le groupe livre une œuvre complexe avec des pièces longues et cathartiques où il prend le temps de développer toutes ses idées et tout son talent (« Cloud Of Forgetting », « Frankie M » et la sublime « The Glowing Man »). On trouve également quelques plages plus courtes et salvatrices qui permettent d’aérer l’œuvre et de rendre l’album plus digeste, notamment la très folk « People Like Us » où l’on croirait presque entendre la voix de JOHNNY CASH ou la superbe «  When Will I Return ? » et son chant féminin. Quand à la production, elle se veut claire, plus ample, plus riche, les structures en crescendo complexes sont légions et sont à mettre au bénéfice d’un apport cuivré mais également de chœurs féminins et d’un piano (plus présent sur cet album). Le tout sonne équilibré et cohérent, aucun instrument ne prenant réellement le pas sur les autres.

Pour conclure, je vois « The Glowing Man » comme un vrai chef d’oeuvre de « rock-mantra », capable de vous éblouir en quelques minutes et de vous pétrir d’angoisse l’instant d’après … SWANS a ici trouvé l’équilibre parfait entre ses explosions mystiquo-rock’n’roll et ses passages plus méditatifs. De par sa démarche et ses inspirations, il s’impose logiquement comme un des groupes les plus aboutis et les plus sincères de la sphère musicale « rock ». À la manière des grands explorateurs, les américains ne se préoccupent aucunement des exigences stylistiques et continuent leur chemin d’inlassables expérimentateurs, toujours en quête de son et d’émotion…

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